Notre-Dame-de-l'Osier : l’insertion, une richesse pour le développement local (38)

À Notre-Dame-de-l'Osier, le chantier d’insertion Tero Loko, épaulé par la mairie, accompagne personnes réfugiées et habitants fragiles du territoire vers le retour à l’emploi, via le maraîchage et la boulangerie biologiques.

Il y a eu les premières plantations, les premières récoltes, les premiers légumes et miches de pain vendus… accompagnés par un afflux des candidatures, via Pôle emploi, la mission locale, les associations… Quelque six ans plus tard, l’association Tero Loko, implantée sur la commune de Notre-Dame-de-l’Osier, compte 25 salariés : neuf permanents (dont deux salariés auparavant en insertion) et 18 en insertion. La petite commune rurale, nichée au pied du Vercors, à mi-chemin entre Grenoble et Valence, était jusqu’en 2019, un village assoupi et délaissé par les commerces. Avec l’installation du chantier d’insertion Tero Loko, le village a changé de visage.

Une rencontre qui tombe à pic

Courant 2018, la municipalité rencontre les trois cofondatrices de l’association Tero Loko, porteuses d’un projet d’atelier chantier d’insertion, centré sur l’accompagnement des plus fragiles. Précisément, leur projet concerne les personnes réfugiées et les habitants du territoire éloignés durablement de l’emploi. Pour le village, « autrefois administré par des congrégations religieuses, le projet des jeunes femmes faisait sens. D’autant qu’elles avaient la volonté de participer à la redynamisation du territoire. Alors que nous nous interrogions sur notre devenir économique, cela tombait à pic. Le projet, hyper bien ficelé et bénéficiant du soutien des services de l'État, était rassurant », explique le maire, Alex Brichet-Billet.

Le soutien indispensable du village

Cofondatrice de Tero Loko, Lucie Brunet insiste : « d’une part, nous voulions offrir un lieu d’accueil et d’insertion en milieu rural aux locaux et aux personnes sous protection internationale, qui habitent le plus souvent en ville. D’autre part, le projet devait participer à la redynamisation d’un territoire rural. » Le projet a pris appui sur le maraîchage et la boulangerie biologiques. Deux activités complémentaires, la fabrication de pain sécurisant la production légumière soumise aux aléas climatiques. Pour mûrir leur projet, les fondatrices de Tero Loko, soutenues par les réseaux Emmaüs et Cocagne, intègrent le programme Fonds de confiance de France Active, réservé aux porteurs de projets d’utilité sociale. Et elles s’appuient sur l’engagement essentiel de la commune la mairie de Notre-Dame-de-l’Osier. La municipalité met à disposition de Tero Loko 0,6 hectares de terres communales jusque-là cultivées par un maraîcher, désormais intégré au projet. Elle ajoute à ces terres le rez-de-chaussée d’un bâtiment communal pour abriter les bureaux de l’association, et un bâtiment de production, le temps que Tero Loko construise le sien. Et, en mars 2019, avec l’accueil de cinq premiers salariés embauchés en CDD d'insertion (sept mois renouvelables jusqu’à une durée maximale de vingt-quatre mois), Tero Loko devient opérationnel.

Pour une réinsertion pérenne

Tero Loko est aujourd’hui le second employeur du village, après l’Ehpad. Sur une période d’un an, une quarantaine de personnes sont accompagnées vers le retour à l’emploi. Et, fait rare, 90 % des fins de contrat au chantier sont des sorties dynamiques : pour un emploi pérenne ou une formation longue. La force de Tero Loko tient à l’accompagnement global. Le chantier œuvre à lever l’ensemble des freins à l’emploi : les difficultés d’accès au logement, l’isolement social, ou encore l’apprentissage de la langue pour les personnes étrangères. Cet accompagnement doit beaucoup, souligne Lucie Brunet, « à l’implication d’habitants du village, qui ont mis leurs compétences, en français, informatique ou nutrition santé, au service du projet ». Certains d’entre eux s’engagent également en logeant les salariés qui ont besoin d’un toit.

Les peurs de quelques-uns, exprimées lors des réunions publiques consacrées à la présentation du projet, ont, au fil des mois, disparu. D’autant que l’installation de Tero Loko a permis de redonner de l’animation au village : son marché, seul commerce du bourg, réunit la population le mardi ; vecteurs de lien social, des événements culturels sont déclinés chaque semaine : ateliers cuisine, projections de films, bistro du marché… L’association distribue chaque semaine 120 paniers de légumes. 40 % sont vendus à tarif solidaire. Prochaine étape : la rénovation, en cours, d’un bâtiment communal, par le bailleur social Pluralis. À terme, le bâtiment accueillera, courant 2026, deux logements pour les salariés de Tero Loko, deux logements classiques et trois logements inclusifs pour des aînés.

Éléments financiers

Budget annuel : en 2024 le budget de l'association était de 820 000 euros

Soutien de la commune :

  • mise à disposition de terres communales (bail rural de neuf années avec tacite reconduction, pour une somme symbolique : environ 100 euros par an)
  • mise à disposition de locaux de bureaux (la mise à disposition gracieuse va se muer en bail de location) et mise à disposition de bâtiments de production jusqu’à fin 2024 (depuis, l’association s’est dotée de bâtiments propres).

Subventions :

  • l’État : au titre de l'aide au poste (insertion) : 231 394 euros
  • l’État (par l’intermédiaire de l’intercommunalité) : 40 000 euros pour l’accompagnement global des personnes réfugiées (Contrat territorial d'accueil et d'intégration)
  • la région (soutien insertion) : 2 464 euros
  • la métropole de Grenoble (soutien insertion) : 5 000 euros
  • Saint-Marcellin Vercors Isère communauté (soutien fonctionnement) : 1 000 euros
  • Mieux manger pour tous (financement de la Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS) avec transit par l’intercommunalité) : 33 000 euros
  • le département : 48 1 343 euros, via le Revenu de solidarité active et 49 190 euros au titre des petits dispositifs intégrés d'énergies renouvelables (PDIER)
  • les réseaux Emmaüs et Cocagne (appels à projets thématiques) et financeurs privés

Commune de Notre-Dame-de-l'Osier

Nombre d'habitants :

523
39 route de la Forge
38 470 Notre-Dame-de-l'Osier
ndomairie@wanadoo.fr

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