Opération toilettes ouvertes à Nancy (54)

Pour les personnes âgées ou malades, la difficulté d’accéder à des toilettes pose un sérieux frein à toute promenade en ville. La ville de Nancy propose davantage de toilettes publiques, et elle entend également faciliter l’accès aux toilettes de commerces, essentiellement des bars et restaurants.

Le principe est simple : une personne qui a besoin d’aller aux toilettes doit pouvoir y accéder, même si elle ne consomme pas. Où qu’elle soit, particulièrement lorsqu’elle doit se rendre dans un autre quartier que celui où elle réside. « J’ai eu de nombreux appels de personnes âgées à la suite du plan bancs dans la ville. Nous avons en effet installé plus de 100 nouveaux bancs en bois dans les rues de la ville et rénové plus de 100 autres. On me disait c’est bien, mais si on veut aller en ville, on a aussi besoin d’aller aux toilettes », explique Marc Tenenbaum, adjoint délégué à la santé. Des sanisettes publiques existent, mais beaucoup de personnes âgées n’osent pas s’y rendre, car elles y sont mal à l’aise. Or, sortir est une condition nécessaire au bien vieillir: pour briser l’isolement, encourager l’activité physique, et le bien-être tout simplement… Compte tenu du vieillissement de la population, l’enjeu est majeur.

Une question de santé et de dignité humaine

La ville est depuis plus de dix ans partenaire de l’association Afa Crohn, pour identifier des établissements privés acceptant que des personnes souffrant de la maladie de Crohn puissent librement accéder à leurs toilettes, grâce à une carte « urgence toilette » et une application mobile référençant les lieux accueillants.

Le service Santé de la ville a donc repris son bâton de pèlerin et fait du porte-à-porte auprès des bars, restaurants et hôtels pour que les commerçants acceptent que des personnes qui ne consomment pas puissent malgré tout utiliser leurs toilettes. Ces commerces seront identifiés avec un sticker « accueil bienveillant » (en cours de fabrication) et recensés sur la carte interactive mise en ligne sur le site de la ville.

Commerçants volontaires

La ville n’a proposé aucune indemnité en contrepartie. S’il avait un temps été envisagé l’option de mettre en place un dédommagement, cette piste a été abandonnée, car trop compliquée. La municipalité a donc opté pour la négociation… Les volontaires ont été peu nombreux au départ. À peine une poignée au lancement de l’opération cet été, le 31 juillet 2025. Mais sitôt que la presse a relayé l’information, de nouveaux commerces ont contacté le service santé de la ville. Plus d’une dizaine de bars, hôtels et restaurants, mais aussi un agent immobilier et un centre commercial ont décidé de s’engager. Selon le responsable de la mission santé, le nombre de commerces intéressés continue d’augmenter.

Équipements publics mobilisés

La commune a, de son côté, identifié les toilettes de ses différents établissements (bibliothèques, ludothèque, musées, mairie, CCAS, etc.) qui peuvent également faire partie de l’opération « toilette ouverte ». Onze ont ainsi été repérés. Une évidence tout simplement négligée, reconnaît la ville. Elle a depuis nommé un responsable pour s’assurer de l’entretien de ces toilettes.

Le coût des stickers

Le coût de l’opération se résume pour la ville à l’impression de stickers destinés à être apposés par les commerçants sur leur vitrine. Soit environ 500 euros, indique le service santé de la ville.

Commune de Nancy

Nombre d'habitants :

103671
Hôtel de Ville- 1 place Stanislas
54 035 Nancy Cedex

Erwan Claudel

Responsable mission santé publique

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