Fermeture du réseau cuivre : Orange franchit l'échelle industrielle

763 communes représentant près de 900.000 locaux ont été déconnectées du réseau cuivre le 27 janvier 2026. Parallèlement, la commercialisation du cuivre a été arrêtée dans 25.000 communes. Dans les communes ne respectant pas les critères de complétude de l'Arcep, l'échéance a été décalée d'un an.

Le 27 janvier 2026, 763 communes réparties dans 54 départements ont basculé dans l'ère post-cuivre. Cette fermeture technique du lot 2, concerne près de 900.000 locaux et met fin aux derniers abonnements téléphoniques et ADSL encore actifs. Pour la première fois, des agglomérations de grande taille sont concernées : Ajaccio, le 6e arrondissement de Lyon, Villeneuve-d'Ascq, Laval ou encore Melun figurent parmi les communes les plus importantes de ce lot.

Parallèlement, au 31 janvier, la fermeture commerciale est effective pour 25.951 communes, soit 70% des communes françaises représentant près de 50% des locaux. Concrètement, il n'est plus possible de souscrire à un nouvel abonnement sur le réseau cuivre dans ces territoires, quel que soit l'opérateur. Pour mémoire, la fermeture commerciale est imposée par le cadre réglementaire de l'Arcep, la fermeture technique définitive intervenant douze mois plus tard. 

Des reports significatifs

Une échéance théorique car, de fait, les reports se multiplient. Sur le lot 2, une soixantaine de communes ont décalé d'un an l'échéance de fermeture technique. Sur la fermeture commerciale, l'échéance initiale concernait la totalité des communes, et non 70% comme décidé finalement. Ces reports ont été imposés par l'Arcep. L'autorité a profité des échéances de janvier pour rappeler les règles dans un document publié le 27 janvier : déploiement "complet" de la fibre sur la commune - sans seuil à atteindre mais avec une tolérance sur le taux de raccordables à la demande et les refus -, disponibilité d'offres commerciales comparables. 

En toile de fond de ces reports, on retrouve les retards des opérateurs privés dans les zones denses. 78% des communes reportées se situent en zone d'initiative privée, contre seulement 20% en zone d'initiative publique.

35.000 abonnements cuivre subsistaient fin janvier

Mais au-delà de la complétude, certains chiffres interrogent sur l'appétence pour la fibre. Il s'avère, selon nos informations que le taux de lignes où il y a encore un abonné cuivre à la date de fermeture reste significatif. 
Dans le lot 1, clôturé fin janvier 2025, environ 7.000 lignes sur 211.000 restaient à migrer (voir notre article du 29 janvier 2025), soit 3,3%. 
Pour le lot 2, ce chiffre serait de 35.000 nous indique l'Avicca soit 3,9% des 883.000 lignes fermées. Un chiffre qui interroge l'association, car "la raccordabilité à la fibre est bonne".

On sera prudent sur ce qui se cache derrière ces 35.000 lignes dont "personne ne connait le détail" indique l'Avicca. Il peut y avoir en effet des photocopieurs oubliés comme des lignes de particuliers inutilisées depuis plusieurs années. Certains – on pense notamment aux résidents secondaires – peuvent aussi avoir décidé de se passer de la fibre pour opter pour la 4G ou le satellite. Orange, qui ne confirme pas le chiffre de 35.000, nous assure en tout cas faire le maximum, avec "une cellule dédiée pour ne laisser personne sans solution", nous explique le service de presse.

Une échéance à faire connaitre

On peut aussi penser que le reliquat soit imputable à un défaut de communication. De fait, l'observatoire annuel de satisfaction client de l'Arcep, en septembre 2025, révélait que 28% des abonnés ADSL n'avait pas connaissance de la fermeture prochaine du réseau cuivre.

À l'occasion des échéances de fin janvier, le gouvernement a donc fait une piqûre de rappel en renvoyant vers le site www.treshautdebit.gouv.fr. Celui-ci permet de connaître le calendrier du chantier, les communes concernées – via un moteur de recherche – et propose des guides thématiques de la DGE ciblant les élus, les particuliers et les entreprises. 

Le gouvernement rappelle aussi l'aide au raccordement proposée dans les communes des lot 1, 2 et 3. Pour mémoire, cette aide (expérimentale) est réservée aux personnes à faible revenu ou aux petites entreprises, vise à la prise en charge des travaux de raccordement sur la partie privative (voir notre article du 26 septembre 2025).

La diffusion de l'information devient d'autant plus urgente que 2026 marque le passage à l'échelle industrielle. En janvier 2027 ce seront quelque 2.145 communes et 2,5 millions de locaux qui fermeront leurs accès cuivre.

 

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