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Culture - Festivals : un bon été 2013, mais le succès n'est pas garanti

A l'heure des bilans, la saison estivale 2013 des festivals se révèle plutôt un bon cru. Un résultat d'autant plus méritoire que la saison 2012 avait été très mitigée, notamment à cause de conditions météorologiques souvent exécrables (voir notre article ci-contre du 3 septembre 2012). Ceci explique certaines hausses spectaculaires enregistrées cet été.
Dans son recensement des principales manifestations, le Centre d'informations et de ressources pour les musiques actuelles (Irma) cite ainsi les Francofolies à La Rochelle (+41% avec 120.000 spectateurs), la Route du Rock à Saint-Malo (+48%, 21.500 spectateurs), Sonisphère à Amnéville (+293%, 55.000 spectateurs) ou encore le Main Square Festival d'Arras (+40%, 105.000 spectateurs), qui se reprennent après une édition 2012 décevante. D'autres festivals doivent leurs bons résultats 2013 à un changement de format. C'est, par exemple, le cas des Eurockéennes de Belfort, qui progressent de 27% à 127.000 spectateurs, grâce à l'ajout d'une journée supplémentaire (quatre jours au lieu de trois).

Des festivals fidèles au poste

Indépendamment des aléas météorologiques ou des changements de format, une majorité de festivals poursuivent sur leur lancée de ces dernières années. Parmi les principaux, on peut citer Solidays sur l'hippodrome de Longchamp à Paris (+4%, 170.500 spectateurs), Rock en Seine dans le parc de Saint-Cloud (+7%, 118.000 spectateurs), Jazz in Marciac (qui bat chaque année un nouveau record, avec 250.000 spectateurs cette année), le Festival interceltique de Lorient (+8%, 700.000 spectateurs), Jazz à Vienne (+6%, 170.000 spectateurs), Les Suds à Arles (+14%, 64.000 spectateurs) ou encore Nice Jazz Festival, dont l'organisation a été reprise par la mairie (+9%, 38.000 spectateurs).
Malgré l'intérêt croissant des Français et des touristes étrangers pour les festivals, le succès n'est pas garanti pour autant. Car les spectateurs sont devenus plus exigeants et tout festival se doit donc de programmer des têtes d'affiches capables d'attirer le public. Et même les valeurs sûres ne sont pas à l'abri ! Les Vieilles Charrues voient ainsi la fréquentation de l'édition 2013 baisser de 15%, avec 208.000 spectateurs. Recul également pour le Hellfest (-9%, 102.000 spectateurs), les Nuits de Fourvière (-5%, 157.000 spectateurs), Jazz à Juan (-11%, 25.000 spectateurs), le Reggae Sun Ska à Pauillac (-6%, 75.000 spectateurs) ou encore Paris Quartier d'Eté (-24%, 38.000 spectateurs). Ce dernier - qui fêtera l'an prochain sa 25e édition - semble quelque peu vampirisé par le festival Fnac Live, organisé depuis trois ans, également en partenariat avec la mairie de Paris, et qui a vu sa fréquentation progresser de 20% cette année, avec 90.000 spectateurs pour les concerts sur la place de l'Hôtel de Ville.

Une hausse moyenne de fréquentation de près de 7%

Les musiques actuelles n'épuisent pas l'intérêt des Français pour les festivals. Le festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence affiche ainsi une fréquentation stable, avec 83.600 spectateurs, tandis que Montpellier Danse progresse de 10% à 38.500 spectateurs. En revanche, le festival In d'Avignon recule légèrement (-4%, 130.000 spectateurs), de même que le festival de Radio France à Montpellier (-10%, 110.300 spectateurs).
Enfin, le magazine Télérama s'est livré à un exercice intéressant. Sur un échantillon de 36 festivals de plus de 15.000 spectateurs et d'une durée maximale de sept jours entre le 15 mai et le 31 août 2013, le magazine obtient un total de 2,191 millions de spectateurs. Ce chiffre est en hausse de 6,7% par rapport à 2012 (2,054 millions), année qui était elle-même en hausse de 2% sur 2011 (2,012 millions). Le magazine calcule aussi que le prix moyen des festivals (pass un jour sur place sans réservation) était de 38,94 euros cette année.
Autant de chiffres qui permettent à la ministre de la Culture de se dire satisfaite de cette saison 2013. Dans un communiqué du 3 septembre, Aurélie Filippetti indique ainsi que "les manifestations de l'été 2013 sont - malgré un contexte économique difficile - une incontestable réussite, de par leurs taux de fréquentation et la qualité de leurs contenus. Elles séduisent chaque année un public de plus en plus large, preuve de la vitalité artistique du territoire français [...]".