Fin des vidanges obligatoires dans les piscines : premières retombées positives

Quelques mois après la fin de l'obligation de vidange annuelle dans les piscines, une enquête de l'Andiiss met en avant les premiers bénéfices pour les collectivités. 

Moins d'un an après la parution du décret du 19 décembre 2025 abrogeant l'obligation de vidange annuelle des piscines – lequel s'inscrivait dans une dynamique de simplification des normes applicables aux collectivités matérialisée par les "méga-décrets" du 20 février 2026 –, une enquête de l'Andiiss (Association nationale des directeurs et des intervenants d'installations et des services des sports) publiée le 8 septembre nous en dit plus sur les pratiques engagées par les collectivités en la matière et sur les premières retombées de cette mesure.

Depuis décembre 2025, la vidange annuelle complète des bassins ne doit plus être réalisée qu'en cas de non-respect d'indicateurs de vieillissement ou de dégradation des eaux de piscine (lire notre article du 5 janvier 2026). De plus, le décret et les deux arrêtés qui le complètent prévoient que le contrôle sanitaire de la qualité des eaux de piscine sera réalisé à la diligence du directeur général de l'agence régionale de santé (ARS).

L'enquête de l'Andiiss, menée auprès d'agents territoriaux du sport en charge des équipements aquatiques, montre que les collectivités – elles ne sont que vingt-quatre à avoir répondu – sont encore "en phase d'adaptation" et que les pratiques "restent aujourd'hui très différentes selon les territoires et les équipements".

Une décision fondée sur l'état réel de l'eau

Ainsi 75% des collectivités interrogées ne disposent pas encore d'une position de leur ARS précisant les critères nécessitant une vidange. En l'absence de position de l'ARS, 42% des répondants ont donc formalisé eux-mêmes un protocole interne. Celui-ci peut aller du maintien d'une vidange annuelle à des approches différenciées selon les bassins : espacement à dix-huit mois, deux ou trois ans, vidanges partielles ou décision selon l'état de l'eau et des installations. Pour l'Andiiss, ces résultats montrent que "les pratiques évoluent, mais qu'aucune approche homogène ne se dégage encore".

Les collectivités qui ont mis en place un protocole s'inscrivent ainsi dans la logique de simplification et collent à l'esprit du décret puisque, comme le souligne l'Andiiss, "les pratiques commencent à évoluer d'une vidange programmée selon le calendrier vers une décision davantage fondée sur l'état réel de l'eau, du bassin et des équipements". La décision de vidanger ou non tient notamment compte de la qualité sanitaire et physicochimique de l'eau (présence de micro-organismes, chloramines, chlorures, etc.), mais aussi de l'état des joints, des filtres et autres bondes. "Certaines réponses privilégient plusieurs analyses défavorables successives, après tentative de mesures correctives, plutôt qu'un seuil isolé", pointe l'Andiiss.

Entre 20 et 30.000 euros d'économies

Autre aspect mis en valeur par l'enquête : 58% des répondants ont réfléchi à une stratégie pour organiser les travaux nécessitant un arrêt de l'exploitation, car l'espacement des vidanges conduit dorénavant à repenser les périodes consacrées à l'entretien et aux travaux programmés. 

Enfin, 37,5% des répondants ont déjà évalué les impacts de ces vidanges optimisées. Et ces impacts s'avèrent positifs sur les dépenses d'eau et d'énergie, ainsi que sur l'organisation de l'exploitation puisque l'absence de vidange évite une perte d'activité. Une collectivité évoque même une économie comprise "entre 20.000 et 30.000 euros". 

Au final, l'Andiiss estime que, désormais, "la vidange pourrait davantage devenir une réponse à une situation objectivée, intégrée à un protocole de maîtrise des risques, plutôt qu'une opération automatiquement déclenchée par le calendrier".

 

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