Finale de la Ligue des champions : près de 900 interpellations en France, souvent avec le concours des policiers municipaux

Les violences commises samedi soir, lors de la finale de la Ligue des champions, ont conduit à 890 interpellations en France dont 256 dans la capitale. Le ministère de l'Intérieur recense aussi 178 blessés parmi les forces de l'ordre. Les policiers municipaux ne sont pas épargnés.

La finale de la Ligue des champions, remportée par le PSG face à Arsenal samedi soir à Budapest, a donné lieu à des débordements et des scènes de violence un peu partout en France. Les forces de l’ordre ont ainsi procédé à quelque 890 interpellations, soit une hausse de 45% par rapport à l’an dernier (lorsque le club parisien avait remporté son premier trophée européen contre l’Inter de Milan), a indiqué le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, lundi 1er juin, sur France Inter, précisant que 178 policiers et gendarmes ont été blessés. Les forces de l’ordre ont été "soumises à des agressions systématiques, jets de projectiles, et tirs de mortiers qui ont explosé", a-t-il ajouté. Alors qu'un énorme dispositif a été mobilisé - 22.000 policiers et gendarmes dont 8.000 à Paris et en proche banlieue -, le ministre a répondu aux nombreuses critiques à son encontre, venues des oppositions et des syndicats. "Moi, je suis ministre de l'Intérieur, je suis à la tête de services qui assurent le maintien de l'ordre qui sont là pour mettre un terme à des exactions, et c'est ce qui a été fait systématiquement", a-t-il déclaré. Même tonalité du côté du préfet de police de Paris Patrice Faure. "Je ne suis pas responsable, moi, de cette jeunesse qui vient casser", a-t-il dit, lundi, sur RTL, soulignant une baisse de "30%" des faits par rapport à l’an dernier.

Les policiers municipaux "en première ligne" dans de nombreuses communes

Comme pour les émeutes de juillet 2023, les policiers municipaux ont aussi été fortement sollicités. "Mais une fois encore, derrière ces chiffres globaux qui remontent à Beauvau, on oublie trop souvent" ces "acteurs essentiels", s’est agacé le président de l’ANCTS (Association nationale des cadres territoriaux de la sécurité), Gerlove Yokota, dimanche, dans sa newsletter "Les entretiens de Gerlove". Parmi les personnes placées en garde à vue "des dizaines l’ont été à la suite d’interpellations initialement réalisées par les polices municipales, en première ligne dans de nombreuses communes, parfois seules à en assurer la tranquillité publique", ajoute celui qui est directeur d’une police municipale, mentionnant des policiers municipaux également blessés.

Dans la capitale, où 256 gardes à vue ont été recensées,  le nouveau maire PS de Paris a voulu temporiser. "Dans l'immense majorité des cas, les gens ont vécu ça en famille, avec des amis. Et c'était une fête extraordinaire", a-t-il jugé sur BFMTV dimanche. "Oui, il y a des problèmes, on a été sur le pont toute la nuit avec les forces de l'ordre, les pompiers, avec la protection civile, avec les services d'entretien", a rappelé l'édile. "On va continuer à serrer la vis pour faire en sorte que les familles puissent profiter de la fête. Mais il ne faut pas que ces fauteurs de trouble jettent l'opprobre sur la réalité de la façon dont des millions de Français, pas seulement parisiens, ont vécu la fête hier soir", a-t-il fait valoir.

La procureure de Paris Laure Beccuau a promis, lundi, sur BFMTV, que la justice serait "intraitable", avec des comparutions immédiates. Elle a donné "pour instruction" de "retenir une incrimination rarement utilisée, celle d'actes d'intimidation à l'égard des forces de l'ordre", qui "fait encourir aux intéressés la peine de 10 ans d'emprisonnement".

Un jeune homme d'une vingtaine d'années est mort dans la nuit de samedi à dimanche après avoir heurté des blocs de béton avec sa moto sur une bretelle de sortie du périphérique parisien.

 

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