François Sauvadet : "Nous n’allons pas rester les bras croisés"
Le président de Départements de France présentait les voeux de son association ce 21 janvier. Les préoccupations financières sont toujours dominantes.
© Départements de France/ François Sauvadet
Quoi de neuf, en ce début d'année 2026, pour les départements ? Pas grand-chose finalement. Du moins rien qui n'ait été déjà dit il y a deux mois lors de leurs Assises à Albi (voir nos articles du 13 et du 14 novembre 2025). Ne serait-ce que parce que "la France n’a toujours pas de budget", comme l'a d'emblée regretté ce 21 janvier le président de Départements de France, François Sauvadet, en présentant les vœux de son association. Certes, la copie finale du projet de loi de finances (PLF), dont la première partie avait été dévoilée la veille (voir notre article), devrait être un peu moins rude que ne l'était la version initiale. Notamment avec le doublement, voulu par le Sénat, du fonds de sauvegarde, qui passe de 300 à 600 millions d'euros – ce qui, selon François Sauvadet, permettra "à certains départements d’éviter la faillite immédiate". Et la deuxième partie du PLF devrait en principe inclure un allégement du Dilico. Mais le président de Départements de France continue de juger ce Dilico "incompréhensible" et souligne que celui-ci "va s’appliquer à 25 départements qui sont eux-mêmes en difficulté". "60% de nos départements sont déjà en grande difficulté. Et maintenant, croyez-moi, on rentre dans le dur", a insisté l'élu.
L'essentiel de son allocution – déroulée devant un parterre d'invités aux premiers rangs desquels figuraient pas moins de cinq ministres, ainsi que le président du Sénat, Gérard Larcher – aura d'ailleurs été centré sur ces enjeux financiers. Et sur la question de la "soutenabilité" du modèle actuel du financement des dépenses départementales. Avec un vœu que l'on entend depuis des années du côté des élus départementaux : "qu’on ne décide d’aucune dépense nouvelle sans financement à la clé". Qui plus est, rappelle François Sauvadet, au moment où la protection de l'enfance est en crise, où se dresse le fameux "mur du vieillissement", où "les dépenses du handicap explosent" et où "les fragilités [sociales] augmentent".
Résultat : les dépenses sociales représenteraient 70% des budgets départementaux. Or, insiste le président de la Côte-d'Or, le département n'est pas "que la collectivité du social". Alors comment, avec les 30% restants, entretenir 100.000 ponts et 380.000 kilomètres de routes, financer la sécurité civile 6.200 casernes de sapeurs-pompiers, entretenir 5.300 collèges, "accompagner les communes, soutenir la culture, le sport", s'interroge-t-il. En constatant d'ores et déjà qu'"en un an, les investissements départementaux ont chuté de 10%", que nombre de projets sont "reportés ou abandonnés".
Pas grand-chose de neuf ? Non, y compris dans la mesure où depuis les Assises ne novembre, "rien n'a bougé" s'agissant de l'idée d'accorder une part de CSG aux départements, sachant que Sébastien Lecornu avait annoncé la mise en place d'un groupe de travail sur le sujet. Et dans la mesure où pour l'heure, rien ne dit que la future réforme de la décentralisation voulue par le Premier ministre satisfera au principe selon lequel "toute charge nouvelle doit faire l’objet d’un financement robuste pérenne et évolutif". Malgré tout, François Sauvadet estime toujours que le modèle départemental a prouvé son efficacité et doit par conséquent pouvoir monter en compétences : "Dans ce débat sur la décentralisation, nous n'allons pas rester les bras croisés ; on a montré nos capacités à faire, nous pouvons faire encore plus."