Hausse des prix des carburants : le budget voiture mensuel moyen augmente de plus de 4%
Selon Roole, organisme spécialiste des données automobiles, la hausse des carburants depuis le début de la guerre au Moyen-Orient a fait passer le coût d'usage total d'une voiture de 416 à 434 euros par mois, soit 18 euros supplémentaires en moyenne (+4,3%). Pour l'heure, le gouvernement temporise et ne prévoit pas de baisser les taxes sur les prix des carburants.
© Aurélie Roudaut
La hausse des carburants consécutive au conflit au Moyen-Orient entraîne déjà une augmentation de 4,3% du coût d'usage total d'une voiture, a indiqué ce 18 mars à l'AFP Roole, un organisme spécialiste des données automobiles. Alors que les transports représentent selon l'Insee le deuxième poste de dépenses des Français (après le logement), à 13% du budget des ménages, dont 80% pour les voitures individuelles, largement utilisées pour les trajets domicile-travail, le budget moyen d'une voiture individuelle (achat, énergie, assurance, entretien, parking, péages) s'élevait en 2025 à 416 euros par mois, dont environ 100 euros pour le carburant.
Hausse de 18% du budget mensuel carburant
Sur ce total, les deux tiers (257 euros) sont des frais fixes, même sans rouler : 167 euros de coût d'acquisition, 45 euros d'assurance et 44 euros de stationnement résidentiel, calculait Roole en octobre dernier. S'y ajoutent des dépenses variables de 159 euros : 100 euros par mois de carburant/électricité, 44 euros d'entretien et 16 euros de péages. L'étude se fondait sur des hypothèses de prix de 1,6 euro/l pour le diesel et 1,75 euro/l pour l'essence.
Aux niveaux de prix actuels, (2,07 euros/l pour le diesel et 1,95 euro/l pour l'essence), le budget mensuel en carburant passe en moyenne de 100 à 118 euros, en hausse de 18%, et 216 euros supplémentaires par an, souligne Roole. Le budget mensuel total augmente, lui, de 18 euros, passant de 416 euros à 434 euros par mois, indique Roole.
Grande variabilité du coût mensuel global
Le coût mensuel global peut cependant varier du simple au double entre véhicules neufs et d'occasion, en raison du coût d'achat, et en fonction du type de motorisation. En 2025, une voiture à essence coûtait en moyenne 119 euros par mois en carburant, une diesel 94 euros et seulement 39 euros pour une électrique. Mais les voitures électriques ne représentent que 3% du parc roulant, qui reste composé principalement de voitures diesel (48%) et de voitures à essence (40%).
Pour les véhicules neufs, compte tenu du prix d'achat, le budget moyen total grimpe à 522 euros par mois contre 384 euros pour une voiture d'occasion. La variation est également forte pour les coûts d'entretien : 45 euros pour les thermiques et 32 euros pour les électriques, où moins de pièces doivent être changées. Enfin l'assurance auto pèse 45 euros par mois en moyenne, allant de 37 à 53 euros selon les options, l'âge du conducteur et les régions.
Pas de scénario de baisse des taxes envisagé
Face à la flambée des prix à la pompe, le gouvernement de Sébastien Lecornu renonce pour l'instant à prendre des mesures pour préserver le pouvoir d'achat des ménages, s'attelant à pallier dans un premier temps les difficultés de trésorerie des secteurs touchés (lire notre article).
"Le scénario d'une baisse des taxes" qui représentent 50 à 55% du prix à la pompe "n'est pas envisagé à l'heure où on se parle", a affirmé ce 19 mars sur BFMTV la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, également chargée de l'énergie. "En revanche, on entend les difficultés par exemple sur la trésorerie" de différents secteurs comme les transporteurs ou les pêcheurs, a-t-elle ajouté.
Une réunion sur l'énergie s'est tenue en fin de matinée à Matignon autour de Sébastien Lecornu et plusieurs ministres, dont Maud Bregeon, Serge Papin (Commerce) et Roland Lescure (Economie). Selon l'entourage du Premier ministre, il s'agissait d'un "point d'étape" en vue de "poursuivre les efforts pour contenir les hausses" de prix, "lisser les évolutions", et "mobiliser les filières pour identifier les solutions collectives de protection de la trésorerie des entreprises les plus fragiles".
Contrainte budgétaire
Le gouvernement est très contraint dans sa marge de manoeuvre d'un point de vue budgétaire. "Nous n'avons plus les moyens du 'quoi qu'il en coûte'" comme pendant la pandémie de Covid, alors que le gouvernement s'est engagé à réduire son déficit public à 5% du Produit intérieur brut (PIB), a souligné Maud Bregeon, en rappelant avoir fait "le choix" dans le budget 2026 de "ne pas augmenter" les impôts des ménages.
Elle a cependant fait valoir que la France était, grâce à son parc nucléaire, "davantage protégée" que ses voisins, dont certains ont pris des mesures pour limiter la hausse des prix des carburants. L'Italie a adopté un décret visant à réduire, pour une période de 20 jours, de 25 centimes par litre le prix du carburant, tandis que la Grèce envisage un "plafond sur les marges bénéficiaires" des acteurs de la filière afin d'éviter la spéculation. Berlin étudie de son côté une taxe sur les "surprofits " des groupes pétroliers.