Logement - Hébergement : la Fnars met en garde contre une situation "explosive" cet hiver

Alors que la trêve des expulsions débute ce 31 octobre au soir, la Fnars (Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion), qui regroupe environ 900 associations, "lance une nouvelle alerte devant la situation explosive que s'apprêtent à vivre les personnes sans abri cet hiver". Ce cri d'alarme s'appuie sur les informations "inquiétantes" qui remontent des associations de terrain. Celles-ci semblent converger pour mettre en évidence une insuffisance des solutions d'hébergement, alors même que la météo relativement clémente réduit plutôt la pression sur la demande.

Toutes les grandes villes sont concernées

Selon la Fnars, en moyenne, 205 demandes d'hébergement de personnes en famille ne sont pas satisfaites chaque jour à Paris, auxquelles s'ajoutent - toujours en moyenne - 158 demandes provenant de personnes isolées. A Bordeaux, sur 170 personnes qui appellent chaque jour le 115, 132 resteraient sans réponse faute de places. A Lyon, en moyenne quotidienne, 330 personnes n'obtiennent pas de réponse à leur demande, en l'absence de places disponibles. 
A Toulouse, 250 personnes sont obligées de dormir à la rue chaque soir, auxquelles s'ajoutent plus de 400 personnes installées dans des abris précaires et menacées d'expulsion. A Nantes, sur les 150 personnes qui appellent le 115 chaque jour, 115 restent sans réponse...
Face à cette situation, la Fnars réitère sa demande - comme les autres acteurs associatifs du secteur - de mettre un terme à "la gestion au thermomètre de l'hébergement, afin de trouver des solutions pérennes toute l'année pour les personnes sans abri". Ceci suppose "de mettre fin au recours systématique à l'hébergement d'urgence comme solution à la précarité".
La fédération reproche au gouvernement d'opter à nouveau cette année pour des "solutions temporaires et inadaptées avec l'ouverture de gymnases et des recours massifs à l'hôtel en période de froid", mesures qui seront suivies, comme chaque année, de remise à la rue des personnes dès la fin de la trêve hivernale (le 31 mars depuis la loi Alur du 27 mars 2014).

Une course de vitesse

La Fnars demande donc au gouvernement "le vote d'une loi de programmation de logements très sociaux et d'hébergements pérennes, permettant d'accompagner les personnes toute l'année vers le logement autonome et l'insertion".
Au début du mois d'octobre, une trentaine d'associations avaient déjà manifesté sur le même sujet devant l'Assemblée nationale, afin de dénoncer le projet de loi de finances pour 2015 - marqué selon elles par un "abandon du gouvernement" - et "lancer une alerte au gouvernement et aux parlementaires". Mais l'intervention de la Fnars revêt un poids particulier, compte tenu de l'importance et du rôle du réseau qu'elle représente.
Sur le fond, la situation actuelle résulte de la course de vitesse - déséquilibrée, sinon perdue d'avance - entre un gouvernement favorable à l'arrêt de la gestion au thermomètre et qui souhaite diminuer les places d'hébergement au profit de solutions pérennes (voir notre article ci-contre du 23 juin 2014) et une réalité sociale qui voit se multiplier les situations de précarité.

 

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