IA : une coalition internationale veut soumettre les outils destinés aux enfants à une évaluation préalable
Réunie en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies, la coalition pour les droits et la protection de l'enfance à l'ère de l'intelligence artificielle a présenté, le 23 septembre 2026, sa feuille de route 2026-2027. Lancée en juillet dernier par la France, l'Espagne et le Kenya, puis rejointe par l'Australie, cette initiative rassemble désormais 23 États, huit entités des Nations unies, ainsi que des acteurs de la société civile, du monde de la recherche et du secteur technologique.
L'ambition affichée est de mieux encadrer les effets de l'IA sur les mineurs, en développant des méthodes d'évaluation communes et des données de référence permettant, à terme, de soumettre les systèmes d'IA destinés aux enfants à une forme d'autorisation préalable avant leur mise sur le marché. Dans l'immédiat, la coalition appelle les développeurs à ouvrir davantage l'accès à leurs modèles et à leurs données pour permettre des évaluations indépendantes.
Les travaux s'articuleront autour de plusieurs priorités :
- sécurité et protection de la vie privée dès la conception,
- lutte contre les contenus pédocriminels et les deepfakes générés par l'IA,
- responsabilisation des plateformes, ou encore éducation à l'IA.
Les partenaires prévoient également la création d'une base de données commune recensant les initiatives et les connaissances disponibles sur l'impact de ces technologies sur les enfants.
Pour Emmanuel Macron, il s'agit d'éviter de "répéter les erreurs du passé" en attendant plusieurs années avant de mesurer les effets des nouveaux outils numériques sur les mineurs. Les premiers engagements volontaires des États et des entreprises partenaires devraient être dévoilés lors du Forum de Paris pour la paix, les 10 et 11 novembre 2026.
La feuille de route de la coalition fait écho aux orientations défendues par la Commission européenne dans son projet d'"EU KIDS Act", présenté le 17 septembre (notre article du 17 septembre). Comme le texte européen, elle promeut une approche fondée sur la "sécurité dès la conception" ("safety by design") et sur le renforcement de la responsabilité des acteurs numériques, avec cette fois une focale spécifique sur les systèmes d'intelligence artificielle et leurs effets sur les mineurs.