Incendies : un fonds de solidarité mis en place pour les Pyrénées-Orientales

Environ 7.800 hectares de forêts sont partis en fumée depuis le mois de juillet. Dans les Pyrénées-Orientales, département le plus touché, l'association des maires départementale a créé, avec l'Association des maires de France, un fonds de solidarité pour venir en aide aux communes touchées.

Un fonds de solidarité a été activé pour venir en soutien aux communes touchées par l’incendie de Trévillach, dans les Pyrénées-Orientales qui, depuis le 4 juillet, a ravagé plus de 4.900 hectares, ont annoncé l’Association des maires de France (AMF) et l’association départementale AMF66, dans un communiqué, mercredi 8 juillet. Le fonds permettra de "recueillir les dons des collectivités territoriales, des entreprises et des citoyens". "Les sommes collectées seront centralisées par l'AMF66, en lien avec les services de l'État, puis redistribuées de manière équitable selon les besoins exprimés par les communes touchées", est-il précisé. L’AMF66, en coordination avec l’AMF, met par ailleurs à disposition des communes touchées "son appui technique, juridique et administratif" pour remettre en état les équipements publics endommagés et rétablir les services essentiels.

Selon la préfecture du département, l’évolution de l’incendie était plutôt "favorable" mercredi, le feu n’ayant "pas progressé pendant la nuit" de mardi à mercredi. Mais la prudence reste de mise. "Plusieurs points chauds" demeurent sous surveillance et des reprises de feu restaient "possibles" avec des températures attendues supérieures à 41°C, indiquait-elle, dans un communiqué, appelant les habitants à "respecter les zones d'évacuation" et à "ne pas retourner sur les lieux, même si la zone semble hors de danger". Sur les 27 communes évacuées, 12 avaient pu être réintégrées mercredi, mais 15 ne pouvaient pas encore l'être.

7.800 hectares brûlés en huit jours

Environ 7.800 hectares ont brûlé en France au cours des huit premiers jours de juillet, contre un peu plus de 4.400 sur la totalité du même mois en 2025, selon les données du Système européen d'information sur les incendies de forêt (Effis) analysées par l'AFP. Dans un contexte de fortes chaleurs (62 départements classés en vigilance orange par Météo France) et de sécheresse, quelque 28 incendies étaient signalés en France mercredi, sur le site Feux de forêts, mobilisant d’importants moyens humains, notamment dans la Drôme où 2.500 hectares sont partis en fumée ou en Savoie, sur la commune de Planay, où un sapeur-pompier volontaire d’Albertville âgé de 22 ans est décédé en intervention, mercredi. "Au-delà de l’émotion, il y a aussi une colère profonde", a exprimé le syndicat des sapeurs-pompiers volontaires de France (SSPVF), dans un communiqué. "Depuis des mois, nous alertons sur l’épuisement du modèle de sécurité civile, sur la pression opérationnelle grandissante, sur le manque de moyens humains, sur la fatigue des personnels", souligne le syndicat, pointant "l’utilisation de plus en plus massive des sapeurs-pompiers volontaires comme variable d’ajustement d’un système qui tient trop souvent grâce à leur engagement".

"Un euro investi permet d'éviter 29 euros de dépenses"

Près d’un an après la présentation des conclusion du "Beauvau de la sécurité civile", l’impatience monte chez les sapeurs-pompiers, alors que le projet de loi de modernisation promis n’a toujours pas vu le jour (lire notre article) et qu'aucun des 16 canadairs promis par le président de la République en 2022 pour remplacer une flotte vieillissante n'ont été livrés (lire notre article). Communes forestières France dénonce aussi un manque d’anticipation. "Une évidence s’impose : on ne pourra pas reconstruire éternellement si on n’anticipe pas davantage", dénonce, dans un communiqué, la fédération qui porte depuis quelques années la proposition de créer une "cellule nationale d’anticipation dédiée à la forêt et à la filière bois, déclinée dans les territoires". Cette cellule aurait pour mission d’analyser les risques forestiers, de construire des scénarios d’évolution des massifs, ou encore d’accompagner l’acculturation des populations au risque. "Les élus ont besoin de ces éléments pour mettre en œuvre les aménagements nécessaires", souligne-t-elle. A l’heure de nouveaux arbitrages budgétaires, Communes forestières France appel l'Etat à la responsabilité et indique "qu’1 euro investi dans la prévention permet d’éviter près de 29 euros de dépenses liées aux dégâts et à la reconstruction". La fédération annonce qu'elle réunira "en urgence" son conseil d'administration le 22 juillet pour évaluer la situation et décider de mesures d'accompagnement des communes touchées.

Dans plusieurs départements (Hérault, Ain, Essonne…), les préfets ont pris des arrêtés pour interdire les feux d’artifice du 14 juillet.  De nombreuses communes ont pris cette initiative d’elles-mêmes.

 

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