Islam radical : Jean Castex veut "combattre et protéger"

Le gouvernement a présenté, le 9 décembre, son projet de loi confortant les principes de la République. Une consultation sera menée auprès des associations d'élus pour définir les grands principes des "contrats d'engagement" que les associations devront passer avec les autorités publiques.

"Ce texte n'est pas un texte contre les religions, ni contre la religion musulmane en particulier. C'est une loi d'émancipation face au fanatisme religieux." Sachant marcher sur des œufs, le Premier ministre a bien pesé ses mots, le 9 décembre, lors de la présentation à la presse du projet de loi confortant les principes de la République, aux côtés des quatre ministres directement concernés (Gérald Darmanin, Marlène Schiappa, Eric Dupond-Moretti et Jean-Michel Blanquer). "Avec ce texte très important, nous voulons nous donner les moyens de combattre et de protéger", a-t-il dit.

Ce texte d’une cinquantaine d’articles s’inscrit dans une stratégie globale de lutte contre l’islam radical inaugurée en 2017 avec la loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme qui permet notamment de "fermer les lieux de culte où l’on professe la radicalisation", rappelle le gouvernement, suivie en 2018 de la loi visant à simplifier et mieux encadrer le régime d’ouverture et de contrôle des établissements privés hors contrat. Le gouvernement avait lancé des actions dans 15 quartiers connus pour des départs de combattants vers la Syrie (Trappes, Toulouse, Strasbourg) généralisées à l’ensemble du territoire à l'automne 2019. Ces actions ont conduit à la fermeture de 394 lieux ou de structures identifiées comme séparatistes, a indiqué Marlène Schiappa, mercredi.

 

Consultation des associations d'élus

Sur le contenu du texte qui comporte une cinquantaine d’articles, pas de surprise : l’essentiel était connu depuis la diffusion dans la presse de l’avant-projet de loi le mois dernier (voir notre article). Quelques modifications ont été apportées pour tenir compte de l’avis du Conseil d’Etat, notamment sur le dispositif de "carence républicaine" (voir notre article). Le volet "égalité des chances" évoqué par Emmanuel Macron aux Mureaux le 2 octobre a bien disparu. Jean Castex s’est attelé à démontrer que le gouvernement n’avait pas démérité dans ce domaine : dédoublement de 17.000 classes, déploiement de 53 quartiers de reconquête républicaine… "Nous allons également construire davantage de logements sociaux, mieux répartis sur tout le territoire, afin de rompre avec les logiques de ghettos", a-t-il dit, précisant avoir demandé à Emmanuelle Wargon, ministre déléguée en charge du Logement, de lui faire "des propositions pour poursuivre et prolonger les efforts de construction de logements sociaux et renforcer la prise en compte des enjeux de cohésion sociale dans les politiques d’attributions".

A noter aussi, concernant les "contrats d’engagements" que les associations devront passer si elles veulent toucher des subventions ou obtenir la mise à disposition d'un lieu, le gouvernement consultera les associations d’élus "dans les prochaines semaines" pour définir avec eux les grands principes de cette nouvelle contractualisation. Une autre consultation sera conduite "avec les grands représentants d’associations", a précisé Marlène Schiappa.

 

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