La baisse des crédits du FIPD pour la vidéosurveillance crée "un risque de saupoudrage"
Constatant une baisse importante des crédits du Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) dédiés à la vidéoprotection, en contradiction avec la trajectoire de la loi d’orientation (Lopmi) de 2023, la sénatrice socialiste de l'Ain Florence Blatrix Contat craint un "risque important de saupoudrage". Dans un rapport présenté en commission des finances le 10 juin, elle appelle à une "doctrine d’emploi claire" des crédits de vidéoprotection, au regard des autres dotations de l’Etat mobilisées (dotation d'équipement des territoires ruraux, dotation de soutien à l'investissement local, dotation politique de la ville et dotation de soutien à l'investissement départemental). Alors que la Lopmi prévoyait un triplement des dépenses dédiées au cofinancement des projets de vidéoprotection des collectivités entre 2023 et 2027, ces crédits sont tombés de 32 à 22 millions d’euros en 2026. Or une augmentation dans le "contexte budgétaire" actuel "n’est pas aisée", reconnaît la sénatrice, qui appelle à tout le moins à une clarification de l’ensemble des moyens mis sur la table afin de "permettre au préfet d’orienter au mieux les porteurs de projet vers le guichet le plus approprié". Le FIPD pourrait, dans ce cadre, se "concentrer sur le financement des raccordements et déports d’images vers les forces de sécurité intérieure, ainsi que sur les équipements nécessaires à la mise en œuvre des centres de supervision urbaine (CSU) intercommunaux". A cet égard, la nouvelle stratégie nationale de prévention de la délinquance présentée au mois d'avril (lire notre article), "offre une opportunité" de préciser cette doctrine d'emploi de ces crédits qui, depuis 2024, ont été transférés du Comité interministériel de prévention de la délinquance à la Depsa (direction des entreprises et partenariats de sécurité et des armes). Celle-ci les délègue ensuite aux préfectures de région qui les subdélégue aux préfectures de départements.