Le fonds de prévention de la délinquance encore rogné cette année
Désormais publiée, la circulaire relative au fonds interministériel de prévention de la délinquance confirme une nouvelle érosion de l'enveloppe budgétaire de ce dernier. Sur le fond, l'accent est mis cette année sur la promotion des valeurs républicaines, alors que celui accordé l'an passé à la prévention des conduites addictives disparaît.
© @VilledeTroyes
La circulaire 2026 relative au fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) transmise aux préfets le 24 avril vient d'être publiée (sans l'instruction complémentaire), sans tambour ni trompette, sur le site du secrétariat général du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (SG-CIPDR). Comme la ministre l'avait indiqué lors d'un entretien à la Gazette des communes publié le 23 avril, l'enveloppe du fonds est en effet une nouvelle fois à la baisse : 46 millions d'euros pour les programmes radicalisation et délinquance, contre 52,5 millions d'euros l'an passé.
"La promotion des valeurs républicaines" affirmée
Sur le fond, la principale modification tient à l'ajout d'un nouvel objectif : "la promotion des valeurs républicaines", couplée à la prévention de la radicalisation – une formule déjà usitée.
En la matière, la circulaire distingue désormais, sur la forme, la "prévention primaire" – qui vise à "encourager le renforcement de l'esprit critique", le soutien à la parentalité et la sensibilisation des professionnels de terrain "au repérage des situations individuelles de fragilités" – de la "prévention secondaire", qui a elle pour fin de "densifier la prise en charge individualisée des personnes radicalisées, en voie de radicalisation ou évoluant dans un environnement familial et/ou social empreint de radicalité".
Sur le fond, peu de changements toutefois : les préfets restent comme l'an passé invités à cibler en priorité les dispositifs de prise en charge des publics signalés et de leurs familles au sein des cellules de prévention de la radicalisation et d'accompagnement des familles (CPRAF) d'une part, et les actions d'accompagnement des mineurs et jeunes majeurs de retour de zones sensibles d'autre part. Leur attention est par ailleurs attirée sur les "nouveaux enjeux" de la prévention de la radicalisation : "la dimension numérique du processus, le rajeunissement des publics identifiés et l'hybridation des idéologies, voire l'ouverture à de nouvelles formes de radicalité", déjà identifiés précédemment.
Favoriser le lien police-population
La prévention de la délinquance demeure l'objectif numéro 1. Les préfets sont naturellement invités en ce domaine à s'appuyer sur la stratégie nationale de prévention de la délinquance 2026-2030 tout récemment publiée, en partenariat avec les élus locaux, "en particulier les maires". Trois axes sont mis en avant :
- s'adapter aux nouvelles formes de délinquance : enrôlement précoce dans la criminalité organisée, utilisation d'armes blanches, harcèlement… ;
- garantir "un continuum de prévention de l'enfance à l'âge adulte", en particulier en favorisant, là-encore, les projets de "soutien à la parentalité", mais aussi les actions favorisant "le lien police-population" – un retour – ou encore, comme l'an passé, "le civisme et l'engagement" ;
- enfin, "mieux coordonner et outiller la politique de prévention".
L'attention des préfets est par ailleurs spécialement attirée cette année sur "le développement des compétences psycho-sociales des agents des collectivités en contact avec les jeunes". La détection et l'accompagnement des victimes de violences intrafamiliales, sexuelles et sexistes reste une priorité affirmée. En revanche, l'accent mis l'an passé sur la prévention des conduites addictives disparait. La circulaire détaille en outre les objectifs de la programmation des crédits en faveur des postes d'intervenants sociaux en commissariat et gendarmerie.
Autre objectif classiquement réaffirmé depuis 2021 suite au rattachement de la Miviludes au SG-CIPDR, la prévention des dérives sectaires, laquelle devra continuer en 2026 de prendre appui sur la stratégie 2024-2027 et ne connait pas de modification substantielle.