Social/Santé - La CMU-C : enfin une prestation qui satisfait ses bénéficiaires

Alors que le RSA activité et la prime pour l'emploi pourraient bien passer à la trappe au profit d'un nouveau dispositif, toutes les prestations de solidarité ne peuvent pas forcément en dire autant : la couverture maladie universelle (CMU-C), qui couvre plus de quatre millions de personnes, donne incontestablement satisfaction à ses bénéficiaires. C'est en tout cas une étude réalisée, dans le cadre de leur scolarité, par des élèves de l'Ecole nationale supérieure de sécurité sociale (EN3S, qui forme les futurs directeurs des organismes de sécurité sociale), qui le révèle.
Menée avec le concours du Fonds de financement de la CMU, celle-ci porte plus précisément sur "La mesure de la satisfaction des bénéficiaires de la CMU-C sur les plans administratif et sanitaire". Elle s'appuie notamment sur l'exploitation d'un questionnaire détaillé rempli par 1.020 bénéficiaires relevant de la CPAM du Rhône et apporte des enseignements intéressants. Les bénéficiaires de la CMU-C sont ainsi plus satisfaits du service rendu que les assurés "ordinaires". Plus de huit sur dix (82%) disent trouver l'information relative à la CMU-C "plutôt facile", voire "très facile". Sur les différents items qualifiant la qualité de service - comme les visites, l'accueil téléphonique, le site ameli.fr, le traitement des réclamations ou la délivrance de la carte Vitale - les répondants sont en moyenne près de 80% à se dire "satisfaits" ou "très satisfaits".
La vocation de la CMU-C reste toutefois de faciliter, par l'octroi d'une couverture complémentaire santé, l'accès aux soins des personnes à revenus modestes. Ceci est d'autant plus important que les bénéficiaires de cette prestation se disent davantage en mauvaise santé que la population générale. Ainsi, seuls 74% d'entre eux estiment être en "bonne" ou "très bonne" santé, contre 91% pour l'ensemble des Français. Malgré ce handicap de départ, 88% des bénéficiaires se disent "satisfaits" ou "très satisfaits" des soins reçus et estiment que la CMU-C leur a permis de recevoir les soins dont ils avaient besoin.
Cette large satisfaction d'ensemble n'empêche pas quelques faiblesses, même si elles concernent des populations minoritaires. Ainsi, 13,6% des répondants disent avoir peur de la stigmatisation, tandis que 23,3% indiquent avoir rencontré des problèmes lors du renouvellement des droits et que 12,9% ont connu des cas de rupture des droits. En termes de relation entre l'organisme et les bénéficiaires, les répondants expriment une nette préférence en faveur des visites et du courrier. A l'inverse, ils n'affichent qu'une utilisation limitée d’Internet et du site ameli.fr.
Malgré ce satisfecit d'ensemble, il subsiste deux points noirs majeurs. Le premier tient aux refus de soins par certains praticiens (45% de citations). Le second correspond aux renoncements aux soins faute d'une couverture suffisante (43%), notamment en matière dentaire et optique.  

 

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