La consommation d'électricité stable en 2025 en France, selon RTE
La consommation d'électricité en France est restée stable l'an dernier, en deçà de ses niveaux d'avant-crises sanitaire et énergétique, ce qui confirme le retard du pays dans la transition énergétique et la sortie des énergies fossiles, a annoncé ce 25 février RTE, en publiant son bilan électrique annuel.
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"En 2025, la consommation électrique en France métropolitaine est restée stable par rapport à celle de l'année précédente, atteignant 451 TWh (+0,4% par rapport à 2024)", selon le bilan électrique 2025 du gestionnaire du réseau de haute tension publié ce 25 février. Elle demeure "très en retrait" - d'environ 6% - par rapport à la période 2014-2019 précédant la pandémie de Covid-19 et la crise énergétique consécutive à la guerre en Ukraine, souligne RTE.
La consommation des grands consommateurs raccordés au réseau public de transport (RPT), qui relèvent pour la plupart du secteur industriel, a notamment reculé de 1,7 % en 2025 (après avoir montré une reprise en 2024), sous l’effet du contexte macro-économique, souligne RTE. La baisse en 2025 est largement portée par l’industrie chimique. La consommation de ces grands consommateurs reste 13% plus faible que celle de la période d’avant-crise (2014-2019).
L'électrification des usages toujours à la traîne
L'électrification des usages, c'est-à-dire la transition vers l'électricité de secteurs dépendants des énergies fossiles (gaz, pétrole), "apparaît en retard par rapport aux trajectoires nécessaires pour atteindre les objectifs climatiques de la France", relève aussi le gestionnaire. Ces secteurs sont les transports avec les véhicules électriques, le bâtiment avec les pompes à chaleur ou l'industrie avec des fours électriques. Le gouvernement, qui a fait de cette transition une priorité, a prévu de présenter un plan d'électrification de l'économie (lire notre article), qui doit être annoncé "dès le printemps", selon le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, également en charge de l'énergie.
Les énergies fossiles restent prédominantes dans le bouquet énergétique français et représentaient 56% de la consommation d'énergie finale du pays en 2024, tandis que l'électricité ne comptait que pour 27%, fait valoir RTE. La dépendance aux combustibles fossiles reste particulièrement élevée dans le secteur des transports, où ils couvrent 90 % de la consommation d’énergie. Les énergies fossiles représentent encore 43 % de la consommation énergétique du chauffage résidentiel et 68 % de la consommation énergétique du chauffage dans les bâtiments tertiaires.
Le gestionnaire fait toutefois valoir le poids des grands projets industriels et numériques dans la hausse de la consommation à venir. Les droits d'accès au réseau de transport d'électricité déjà attribués atteignaient fin 2025 environ 30 GW, dont 14 GW pour des centres de données, 9,5 GW pour des unités de production d’hydrogène et 6,5 GW pour des projets d’électrification de sites industriels existants ou bien de nouveaux sites industriels. Sur ces 30 GW, environ la moitié concerne des projets dont une mise en service est prévue pour la période 2025-2029.
Production thermique fossile à son plus bas niveau depuis 75 ans
La production totale d’électricité en France a légèrement crû en 2025, à 547,5 térawattheures (TWh), indique le bilan, mais la production bas carbone a atteint un maximum historique de 521,1 TWh et la production thermique fossile a atteint son plus bas niveau depuis 75 ans, avec un recul de -1,3 TWh par rapport à 2024. La part d’électricité bas carbone dans le mix français se maintient donc à plus de 95%, souligne RTE.
La production nucléaire a augmenté (373,0 TWh, soit +11,3 TWh par rapport à 2024) pour retrouver un niveau proche de celui de 2019, grâce à l’amélioration de la disponibilité du parc. La production hydraulique a fortement reculé par rapport à 2024 (-12,9 TWh) durant laquelle elle avait bénéficié de précipitations exceptionnelles, mais est restée en 2025 à un niveau conforme aux moyennes historiques (62,4 TWh). Quant à celle des filières solaire (+8,1 TWh) et éolienne (+2,8 TWh), elle a continué de progresser, sous l’effet principalement du développement du parc de production solaire et éolien en mer, ainsi que de l’amélioration des conditions d’ensoleillement en 2025.
Forte croissance des capacités solaires
Le parc électrique en France métropolitaine a poursuivi son développement pour atteindre atteint 164,5 GW fin 2025 (toutes filières confondues). Cette puissance intègre le réacteur nucléaire de Flamanville 3 (1,6 GW), couplé au réseau en décembre 2024, dont la mise en service progressive s’est poursuivie au cours de l’année 2025 et début 2026, précise RTE.
Mais cette croissance des capacités de production d’électricité en 2025 tient en premier lieu à celle des capacités solaires photovoltaïques (+5,9 GW). La capacité solaire installée (30,4 GW en fin d’année) a ainsi dépassé en 2025 celle des installations hydrauliques françaises (25,7 GW).
Le développement du parc éolien français s’est également poursuivi l'an dernier, à la faveur de la mise en service du parc en mer d’Yeu-Noirmoutier (+0,4 GW) et de la croissance des capacités éoliennes terrestres (+0,9 GW) dont le rythme de développement a néanmoins ralenti pour la troisième année consécutive.