Smart city : l’innovation au service des territoires

Pour construire collectivement des territoires plus durables, plus connectés, plus inclusifs et plus attractifs, l'innovation joue un rôle clef. Qu’il s’agisse d’innovations technologiques, - souvent basées sur l’utilisation du numérique et des données - ou d’innovation sociales ou environnementales, de multiples solutions et démarches novatrices peuvent contribuer à rendre vos territoires plus durables et intelligents.

La data au cœur du smart territoire

Trouver une place de stationnement libre sur son smartphone, connaître la consommation d'énergie en temps réel d'un logement, repérer un hotspot Wi-Fi gratuit, détecter des fuites d'eau… La caractéristique de ces nouveaux services est de reposer sur la donnée, une ressource clé, un "terreau", sans laquelle la smart city ne peut fonctionner. La particularité de la donnée est de pouvoir être utilisée simultanément par un nombre d'acteurs illimité sans que sa valeur ne diminue ou qu'elle ne soit altérée... Une caractéristique qui en fait un véritable "actif" valorisable par les collectivités comme par l'ensemble de ses (ré)utilisateurs publics ou privés.

Gestion des données : des gisements existants à mieux exploiter

La gestion des données territoriales fait partie des métiers historiques des territoires, à l'image du cadastre ou de l'état civil. Elle imprègne ensuite l'ensemble des "services métiers" – culture, éducation, patrimoine, environnement, social… – dont la transformation numérique s'accélère. L'équipement en logiciels des services a pour corollaire la gestion de données toujours plus nombreuses pour piloter, gérer ou décider. Pour être exploitable par une machine et pouvoir être échangée, elle doit être numérique, bien sûr, mais aussi utiliser des formats interopérables.

L'ensemble de ces gisements internes de données ne demandent qu'à être mieux valorisés, mieux exploités pour le bénéfice de la collectivité comme des usagers. Une démarche smart city passe donc nécessairement par un passage en revue de ces gisements. En permettant à la donnée de sortir des "silos" métiers, elle facilite le travail transversal et des croisements de données créateurs de valeur.

Voir des exemples de valorisation des données à travers des retours d'expérience de collectivités 

LES DONNÉES DU SMART TERRITOIRE 

Toujours plus de données grâce à l'open data 

La numérisation accélérée de l'ensemble des services locaux se traduit par une multiplication des sources de données. Une évolution parfois résumée par la théorie des 3V :

  • Vélocité : les données sont produites de façon accélérée avec de plus en plus de données "temps réel" (comptage de véhicules, quantité de déchets, pollution…) ;
  • Volume : le volume de données croît de façon exponentielle. Autant de données ont été créées au cours de la dernière année que depuis les débuts de l'humanité ;
  • Variété : les données proviennent de sources de plus en plus variées, publiques comme privées, créées par des individus, des machines, objets ou capteurs.

Dans les territoires, les sources de données potentiellement exploitables se multiplient :

  • Billettique et billetterie : dans les transports, les lieux touristiques et culturels,
  • Capteurs : pour remonter des données de température, de comptage (voitures, piétons, eau…), détecter une fuite, mesurer les polluants ou encore peser une poubelle.
  • Compteurs communicants : mesure des consommations d'eau, de gaz, d'électricité…
  • Crowdsourcing : remontées volontaires des usagers sur des incidents sur la voirie ou encore sur des trous de couverture mobile,
  • Réseaux sociaux : interactions et contenus laissés par les utilisateurs de Facebook, d'Instagram ou Twitter

 

Piloter la donnée territoriale

L'explosion des données implique l’apparition de nouveaux métiers dans les collectivités et la mise en place d'une "gouvernance" pour gérer les données tout au long de son cycle de vie : collecte, traitement, exploitation, stockage, archivage… (voir notre boîte à outils).

La gestion des données 

La gestion des données comprend :

  • une dimension technique : recours à des datacenters pour les héberger, mise en place de plateformes et d'outils pour les exploiter.
  • une dimension juridique, toutes les données territoriales ne pouvant être librement exploitées et diffusées. La protection des données privées et les obligations issues du règlement européen sur les données personnelles (RGPD) imposent des règles strictes. Le RGPD interdit notamment l'exploitation des données sensibles (santé, origine ethnique…) ou le traitement de données personnelles sans le consentement des usagers ou leur anonymisation préalable. Certaines données sont enfin soumises à des restrictions d'usages dues au droit de la propriété intellectuelle ou au secret des affaires.

Enfin la gouvernance s'entend aussi dans la capacité des territoires à animer un écosystème de producteurs de données "d'intérêt territorial", qu'elles émanent d'entités publiques ou privées. Dans le domaine de la mobilité, par exemple, il s'agira de compiler et d'exploiter les données de la ville (stationnement, voirie) celles des transporteurs publics de l'agglomération (horaires, lignes, trafic…) comme celles produites par des entités privées (navigateurs GPS, autopartage, trottinettes…).

 

Partager et ouvrir la donnée aux collectivités

La donnée n'est pleinement utile que si elle circule, notamment au sein de la collectivité. La création de plateformes communes réunissant l'ensemble des données du territoire fait partie des briques d'une stratégie smart city. Cette plateforme va faciliter l'accès de l'ensemble des services aux données du territoire.

Ces données peuvent aussi alimenter un "jumeau numérique" du territoire à la croisée du système d'information géographique (SIG), de la plateforme d'échange de données et de l'outil de visualisation 3D du territoire. Cet outil permettra par exemple de visualiser l'impact de l'implantation d'une zone d'activités sur les infrastructures : transports, habitat, commerces...

La mise à disposition des données produites par les territoires ou "open data" fait ensuite partie des obligations légales des collectivités territoriales de plus de 3500 habitants. L'open data a vocation à renforcer la transparence de l'action publique mais aussi à favoriser l'émergence de services innovants. L'open data a ainsi permis un suivi précis de l'impact du Covid-19 sur le système de soin ou encore de connaître en quelques clics les commerces ouverts pendant le confinement. L'open data contribue aussi à créer de nouveaux services : guides touristiques interactifs, calculateurs d'itinéraire, aide au choix de sa nouvelle implantation immobilière.

Pour que la donnée circule plus facilement, puisse être exploitée par les développeurs informatique, les plateformes proposent des API ou connecteurs automatisant la requête de données. Une fonction indispensable des lors qu'il s'agit d'utiliser des données temps réel.

 

Exploiter les données

Tableaux de bords, datavisualisation, indicateurs, seuils d'alertes… l'exploitation des données de la smart city prend des formes multiples en fonction des finalités : observer, illustrer, piloter, alerter, anticiper... La plupart des solutions "smart" proposent des interfaces de visualisation des données pour la transformer en information et, in fine, en outil d'aide à la décision. Cette exploitation peut aussi être réalisée en interne mais, aux limites propres aux outils – un tableur dans la majorité des cas – s'ajoutent un déficit de compétences en "datascience".

Par ailleurs, la volumétrie exponentielle de données exige le recours à de nouvelles techniques pour les traiter et les exploiter. Le recours à l'intelligence artificielle (IA), c'est-à-dire à de puissants algorithmes mathématiques mobilisant toute la puissance de calcul des ordinateurs s'impose. Le guide de la Banque des Territoires sur l'IA, décrit trois types d'usages pour l'IA : la qualification (traduire, décrire, synthétiser), l'appréciation (détecter, prédire, reconnaître) et l'action (automatiser, prescrire, générer).

Dans les collectivités, l'IA est d'ores et déjà présente. Elle sert à calculer un itinéraire, trier automatiquement des déchets, détecter une donnée nominative dans un texte ou reconnaître une plaque d'immatriculation… La police municipale, les services mobilité ou environnement, le pôle juridique peuvent ainsi utiliser l'IA sans nécessairement s'en rendre compte... avec pour risque de ne pas prendre conscience des "biais algorithmiques".

Les usages de l'IA n'en sont cependant qu'à leurs débuts : éducation, mobilité, santé, gestion des risques… de la reconnaissance d'image aux calculs prédictifs en passant par l'allocation d'aides aux logements ou le nettoyage automatique de données, son usage est exponentiel.