La dynamique de l’emploi en repli dans les territoires, les filières vertes en soutien

En 2025, les destructions d’emplois dépassent les créations en France, une première depuis la crise sanitaire. Si quelques territoires résistent, le ralentissement est général. Dans ce contexte, les filières vertes demeurent un moteur d’investissement, selon le cabinet Arthur Loyd qui publie ce 4 mars la seconde partie de la 9e édition de son baromètre sur l’attractivité des territoires.

Dans un contexte marqué par de fortes incertitudes économiques et géopolitiques, les territoires français reflètent le ralentissement de la dynamique de l’emploi salarié observé en 2025. La nouvelle édition du baromètre Arthur Loyd sur l’attractivité des territoires dresse un constat clair : qu’il s’agisse des métropoles, des agglomérations ou des départements, la création d’emplois s’essouffle nettement, malgré quelques poches de résistance. À fin septembre 2025, les destructions d’emplois dépassent les créations pour la première fois depuis la crise sanitaire.

Les créations d’emplois restent majoritairement concentrées dans les grandes métropoles mais les situations sont contrastées. En 2024, seule Lyon affiche un volume de créations supérieur à celui de l’année précédente. Marseille-Aix et Toulouse demeurent des pôles moteurs, mais à un rythme moins soutenu. À l’inverse, Bordeaux, Lille et Nantes décrochent désormais, avec un solde négatif : les destructions d’emplois y dépassent les créations. 

Stagnation de l’emploi dans le Grand Paris

Le Grand Paris élargi enregistre pour la première fois depuis 2012-2015 une stabilité de l’emploi. Cette stagnation s’explique par "un net repli du volume de créations d’emplois, près de cinq fois inférieur en 2024 à celui observé l’année précédente". Plusieurs facteurs sont en cause : l’instabilité politique et économique qui a freiné les décisions d’investissement et d’embauche, ainsi que les tensions géopolitiques pesant sur les grands donneurs d’ordre. "Majoritairement implantés à Paris et dans sa périphérie, ces acteurs rendent le territoire historiquement plus exposé aux fluctuations conjoncturelles."

Si un tiers des départements enregistrent encore un solde positif, la hausse des destructions d’emplois se diffuse progressivement des grandes métropoles vers les zones rurales, touchant la quasi-totalité des secteurs. Les services non marchands et l’hôtellerie-restauration résistent encore, mais l’industrie et la construction subissent d’importantes suppressions de postes depuis près de deux ans. Dans l’industrie, sur les douze mois précédant septembre 2025, les destructions dépassent les créations de plus de 12.000 emplois.

Des départements résistent, d’autres plongent

Certaines régions, comme le Grand Est ou la Gironde, enregistrent des baisses significatives. D’autres, à l’image de Provence-Alpes-Côte d’Azur ou de l’Île-de-France (hors ouest francilien), demeurent globalement dynamiques.

Autour de Paris, la Seine-Saint-Denis, la Seine-et-Marne et le Val-d’Oise affichent une dynamique favorable, principalement portée par les "autres services marchands, hors intérim". En Provence-Alpes-Côte d’Azur, les Bouches-du-Rhône, le Var et les Alpes-Maritimes bénéficient d’un dynamisme soutenu, notamment dans l’hôtellerierestauration. La Drôme enregistre plus de 1.100 créations nettes d’emplois sur la période, tandis que l’Ille-et-Vilaine en Bretagne, parvient à maintenir un solde positif.

À l’inverse, les destructions nettes d’emplois se concentrent dans les grands bassins d’emploi. L’Île-de-France, premier pôle d’emplois du pays et particulièrement exposée aux aléas économiques, enregistre le volume le plus élevé, avec 20.367 postes supprimés à Paris, dans les Hauts-de-Seine, les Yvelines et l’Essonne. En régions, les départements accueillant une très grande ou une grande métropole ressortent particulièrement, la Gironde arrivant en tête, suivie de la Seine-Maritime, du Rhône, de la Loire-Atlantique, du Nord et de l’Isère.

Les filières vertes, dernier rempart de l’industrie française ?

Dans ce contexte, les filières liées à la transition climatique apparaissent comme des locomotives pour l’économie nationale et le développement territorial. En 2025, près de 24,5 milliards d’euros d’annonces d’investissement ont été recensées dans les filières vertes en France, dans la continuité d’un premier record enregistré en 2023 avec 25,4 milliards d’euros. 

Les énergies renouvelables et le recyclage-déchets concentrent 93 % des volumes annoncés. En revanche, la filière batterie et véhicules électriques marque un repli après une forte croissance entre 2021 et 2024, portée par plusieurs mégaprojets industriels, notamment dans les Hauts-de-France.

Les dynamiques territoriales sont très variables. En 2025, la Nouvelle-Aquitaine s’impose comme le moteur national de l’industrie verte, avec 4,3 milliards d’euros investis, devançant les Hauts-de-France et les Pays de la Loire. Ces derniers conservent toutefois un bilan très positif en concentrant près d’un quart des investissements privés annoncés depuis 2019.

Dans l’Ouest, la Normandie et la Bretagne confirment leur montée en puissance. À l’inverse, la dynamique apparaît plus modérée dans le Grand Est et en Auvergne-Rhône-Alpes, tandis que la Bourgogne-Franche-Comté et le Centre-Val-de-Loire restent en retrait.

 

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