La France expérimente BRIDGEforEU à la frontière allemande
En ouverture de la 34e assemblée générale de la Mission opérationnelle transfrontalière (MOT), tenue ces 23 et 24 juin, le ministre délégué chargé de l'Europe, Benjamin Haddad, a annoncé la mise en œuvre du règlement BRIDGEforEU – qui vise à lever les obstacles administratifs et juridiques rencontrés dans un contexte transfrontalier – en France.
La mise en place de ce "BRIDGE-FR" se fera dans un premier temps, à titre expérimental, à la frontière franco-allemande, la France ayant fait le choix d'un point de contact par région, placé sous l'autorité des préfets de régions. Une solution que présageait Joël Meyer, ambassadeur "pour les commissions intergouvernementales, la coopération et les questions frontalières, lors des premières assises nationales de la coopération transfrontalière organisées en décembre dernier. À terme, on retrouvera de tels "points de coordination transfrontaliers régionaux" sur six frontières : Allemagne, Belgique, Luxembourg, Espagne, Italie et Suisse.
À l'étage supérieur, seront mis en place "un guichet national [ou "point de contact national"] et un réseau de coordination au niveau des régions frontalières", confirme un communiqué commun au ministre délégué et à la ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Françoise Gatel. Il précise que cette expérimentation sera déployée par l'Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), en coordination avec la MOT.
"La France est le premier État membre à expérimenter ce nouveau cadre européen", souligne encore le communiqué. Rappelons que la mise en œuvre de ce texte par les États membres reste facultative – concession nécessaire à l'adoption de ce texte longtemps bloqué. La France fait partie des huit États membres qui avaient répondu au premier appel à propositions lancé par la Commission en 2025 pour la mise en œuvre de ce dispositif, avec l'Autriche, la Grèce, la Hongrie, l'Italie, la Lituanie, le Luxembourg et le Portugal. Près de 120.000 euros ont été attribués dans ce cadre à l'ANCT, sur une enveloppe de 4 millions d'euros prévue par l'UE pour l'installation des premiers points de coordination.