La France met fin à sa taxe sur les petits colis pour s’aligner sur ses voisins
Instaurée au 1er mars 2026 pour lutter contre le déferlement des produits venant des plateformes de commerce en ligne asiatiques, la taxe française sur les petits colis est suspendue à compter de mercredi 1er juillet.
Cette taxe de deux euros sur les colis de moins de 150 euros devait s’ajouter dès le 1er juillet à un nouveau droit de douane européen de 3 euros par article commandé, portant le total à cinq euros. Sauf qu’entretemps, la taxe française a largement été contournée par les plateformes chinoises, comme Temu, Shein ou AliExpress, qui ont trouvé la parade en envoyant leurs marchandises dans des hubs situés au Benelux (lire notre article). "Comme nous sommes dans un marché unique (...) il ne se justifie plus de garder uniquement notre taxe petits colis" en plus du nouveau "droit de douane de trois euros" européen, a expliqué à l'AFP, mardi, le cabinet du ministre du Commerce, Serge Papin, marquant un revirement par rapport à la position tenue par ce dernier jusqu’ici. "Les droits de douane seront perçus par l’UE qui reversera 25% au pays qui réceptionne et dédouane ces colis", indique Bercy, dans un communiqué.
Alors que le gouvernement estimait à 400 millions d’euros le produit de cette taxe française dans le budget de l’État en 2026, elle n’aura permis de récolter qu'environ 2,3 millions d’euros par mois, selon les Douanes. "Demain chaque petit colis entrant en France comme partout en Europe devra s’acquitter d’un droit de douane de 3 euros. La facture augmente pour les plateformes extra-européennes qui font de la non-conformité un business model", s’est quand même félicité le ministre, cité dans le communiqué.
Initialement, la taxe française avait vocation à perdurer jusqu’au 1er novembre, date de mise en œuvre d’un troisième dispositif, une "redevance pour frais de gestion européenne". "Appliquée uniformément dans toute l’UE, elle permettra de couvrir les coûts liés à la gestion des flux de colis. Ses modalités précises seront définies dans les prochains mois", précise Bercy pour qui la France - en dépit de l'échec de sa taxe - a permis de faire bouger les lignes en Europe sur la question des petits colis.