La gratuité continue de stimuler les inscriptions en bibliothèque

Le nombre d'inscrits en bibliothèque a franchi en 2026 le cap symbolique et inédit des sept millions. Un succès qui s'explique par le passage à la gratuité dans un nombre toujours plus important de villes, à commencer par les plus grandes.

Les années se suivent et se ressemblent pour les bibliothèques et pourraient se traduire par la formule "toujours plus". Les chiffres issus du traditionnel arrêté déterminant le nombre d'usagers inscrits dans les bibliothèques accueillant du public pour le prêt, publié au Journal officiel du 30 octobre, indiquent pour 2026, non seulement une hausse pour la troisième année consécutive, mais également le franchissement du cap symbolique, jamais atteint par le passé, des 7 millions d'inscrits.

Le nombre d'usagers inscrits dans les bibliothèques publiques en 2026 s'établit à 7.094.806, soit une hausse de 2% en un an, moins spectaculaire néanmoins que le bond de plus de 11% enregistré de 2024 à 2025. Le nombre des inscrits dans les autres bibliothèques accueillant du public pour le prêt (bibliothèques associatives, d'entreprise, d'hôpital, de prison, etc.) s'élève en 2026 à 283.792 (+2%). Quant à celui des inscrits dans les bibliothèques universitaires, il suit une courbe inverse et passe sous la barre symbolique du million d'inscrits : 997.407 en 2026, soit une baisse de -2%, qui confirme la déprise observée l'an dernier (-1%).

Ces deux tendances peuvent s'expliquer, pour la baisse des inscrits en bibliothèques universitaires, par l'accès facilité à des documents scientifiques et historiques en ligne sur des plateformes publiques telles que HAL et Gallica, ou privées, à l'image de Cairn et Elsevier auxquelles les étudiants peuvent avoir accès grâce à leur université, et pour la hausse des inscrits en bibliothèques publiques, par la diversification des services offerts et la gratuité instaurée dans un nombre toujours plus important d'établissements.

Strasbourg à la poursuite de Bordeaux

En 2025, plusieurs grandes collectivités sont ainsi passées à la gratuité pour leurs bibliothèques. C'est le cas de la métropole de Strasbourg, qui a basculé au 1er janvier dernier et où 12.558 personnes se sont inscrites dans les trente-quatre médiathèques au cours du seul mois de janvier, soit trois fois plus que lors du même mois en 2025. C'est encore le cas, depuis le 1er septembre, de Nîmes pour son réseau de cinq établissements, alors que la ville a chiffré ce "choix politique fort" à 76.400 euros de recettes abandonnées. 

Strasbourg et Nîmes rejoignent des villes comme Tours, Marseille et Rouen, qui ont choisi la gratuité récemment, mais aussi Lille, Le Havre ou Bordeaux, qui avaient fait ce choix il y a plus d'une décennie. La capitale aquitaine détient d'ailleurs depuis 2016 le record de France du taux d'inscrits rapporté au nombre d'habitants. En avril 2026, Bordeaux comptait plus de 73.000 inscrits dans ses dix bibliothèques, soit 27% de la population municipale, contre une moyenne nationale de 10%.

Le nombre d'usagers inscrits dans les bibliothèques accueillant du public pour le prêt déterminé chaque année par arrêté permet de calculer le montant de la part de la rémunération des auteurs et éditeurs au titre du prêt en bibliothèque à la charge de l'État, qui s'élèvera à 12 millions d'euros pour 2026. Ce montant à la charge de l'État est complété par une contribution assise sur le prix public de vente hors taxes des livres achetés, pour leurs bibliothèques de prêt, par les collectivités.

 

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