La priorité des associations en sortie de crise : renouer le lien

Si les associations ont été fragilisées économiquement par la crise, l’arrêt ou la diminution de leur activité a aussi mis à mal le lien patiemment tissé avec des bénéficiaires, des adhérents et des bénévoles. Malgré un moral en berne, les dirigeants associatifs continuent de s’adapter et de se projeter vers l’avenir.

"La crise est venue toucher quelque chose qui est au cœur de ce qui fait l’action associative, c’est la capacité à être ensemble, à se retrouver, à avoir de l’action collective", selon Frédérique Pfrunder, déléguée générale du Mouvement associatif, qui s’exprimait le 9 juin 2021 lors d’un webinaire. Ainsi, en avril 2021, soit un peu plus d’un an après le démarrage du premier confinement, les deux principaux sujets d’inquiétude des responsables associatifs pour les mois à venir étaient le maintien du lien avec les bénéficiaires de l’association et la diminution du nombre d’adhérents. Le Mouvement associatif, le Réseau national des maisons d’associations (RNMA), Recherches & Solidarités et la Direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative (Djepva, ministère de l’Éducation nationale et de la jeunesse) ont présenté lors de ce webinaire le troisième volet d’une enquête sur les associations face à la crise du Covid-19. Ces enquêtes ont notamment permis de nourrir le plaidoyer en faveur des associations, a souligné Claire Thoury, présidente du Mouvement associatif, plaidoyer ayant en particulier permis la publication de la circulaire de mai 2020 visant à sécuriser le versement des subventions dans le contexte de la crise sanitaire (voir notre article). Les résultats sont également déclinés par région et par secteur d’activité.  

Encore 40% d’associations quasiment à l’arrêt en avril 2021

Interrogés en avril 2021, lors du troisième confinement, quelque 10.000 responsables associatifs ont témoigné des changements apportés (dans 73% des associations qu’ils représentent) pour s’adapter au contexte, avec la mise en place de modalités numériques de travail et de maintien du lien à distance (44% des associations), de nouvelles pratiques (40%), de nouvelles relations avec les adhérents et les bénéficiaires (35%) ainsi qu’avec les bénévoles (33%), et de coopérations renforcées avec d’autres acteurs du territoire (13%). L’enquête met en avant l’impact important de la crise sur le bénévolat, 61% des répondants déclarant une perte de contact avec certains bénévoles (soit 25 points de plus qu’un an plus tôt, au printemps 2020) du fait des périodes d’arrêt des activités.

En avril 2021, 40% des associations interrogées étaient encore quasiment à l’arrêt (moins de 20% de l’activité habituelle), contre 68% en 2020. Les responsables se disaient davantage préoccupés par les conditions de reprise des activités (réouverture des locaux pour 71%, nécessaires adaptations dans la durée pour 58%) et par la remobilisation des adhérents et des bénévoles (respectivement 55% et 50%) que par la confirmation des partenariats financiers (33%) et la poursuite du dialogue avec les administrations (23%). Si la majorité des associations (76% des répondants) ont vu leur situation économique affectée par la crise, c’est d’abord la conséquence de la baisse d’activité, avec une perte de revenus d’activités pour 40% des répondants et une baisse des cotisations pour 54%, mais aussi de dépenses engagées à perte à cause d’annulations d’activités (pour 25%) et, tout de même, de pertes de subventions publiques pour 14%. Malgré ces recettes en moins, seulement 4% des associations interrogées déclaraient en avril 2021 craindre le dépôt de bilan à court ou moyen terme, 5% n’avaient plus aucune trésorerie et 10% moins de trois mois de trésorerie – soit, en tout, quelque 15% d’associations jugées "en danger", contre 24% en 2020.    

Recours aux aides : 21% des associations, 48% parmi les associations employeuses

Selon Recherches & Solidarités, les partenariats publics se sont globalement mieux maintenus (ou, dans certains cas, améliorés) que les partenariats privés, les associations n’ayant pas forcément relancé des entreprises elles-mêmes fragilisées par la crise. Concernant 21% des répondants (et 48% parmi les associations employeuses), le recours aux aides financières mises en place pendant la crise a progressé de sept points entre 2020 et 2021, avec en particulier une amélioration constatée dans le recours aux aides proposées par les départements (27% des associations) et les communes et intercommunalités (25%) et en revanche peu d’évolution concernant les aides des régions (18% des associations interrogées en auraient bénéficié).

Si le moral des dirigeants associatifs est en chute libre, ces derniers n’étant plus en 2021 que 27% (contre 68% en 2019) à juger la situation générale de leur association bonne ou très bonne, l’appréciation est moins sévère sur la situation financière (52% la jugent encore bonne ou très bonne, contre 58% en 2019) que sur la situation du bénévolat (35% d’appréciation positive, contre 44% en 2019). Ce "moral en berne" n’empêche pas 51% des responsables associatifs interrogés (contre 63% en 2019) d’envisager le développement de nouveaux projets ou l’extension de leurs activités actuelles. Interrogés sur leurs besoins, ils disent d’abord vouloir être rassurés sur le versement des subventions annoncées (25%) ou bénéficier d’aides exceptionnelles (20%), mais aussi être soutenus dans leur communication (21%, + 9 points par rapport à 2020) ou encore la recherche de locaux plus adaptés et le maintien de la vie associative à distance.  

 

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