Le Covid fait chuter le nombre de créations d'associations

L'étude annuelle de Recherche et Solidarités sur le paysage associatif en France est naturellement marquée pour la période récente par la crise sanitaire. Des tendances plus profondes continuent cependant d'œuvrer, comme la baisse du nombre d’établissements employeurs.

C'est peu dire que la crise du Covid a durement touché le monde associatif. Dans sa dernière édition de La France associative en mouvement, publiée le 6 octobre, le réseau Recherche & Solidarités dresse un bilan préoccupant.
Pour la période juillet 2019 - juin 2020, le nombre de créations d'associations enregistre un net ralentissement, "avec une récession particulièrement marquée au deuxième trimestre 2020, durant les mois de confinement". Recherche & Solidarités fait ainsi clairement le lien entre cette baisse et la crise sanitaire. Seules 65.000 nouvelles associations ont été enregistrées sur la période, un chiffre jamais atteint depuis 2009. Un an avant, on enregistrait encore 71.000 créations, soit une baisse de 9%. Surtout, la chute a été brutale entre le premier et le deuxième trimestre 2020 : les créations passant de 17.169 à 10.842 (-37%). Si le début d'année est traditionnellement marqué par un plus grand nombre de créations, la baisse qui s'ensuit n'est jamais aussi nette.
En termes géographiques, la carte de France de la création d'associations sur les trois dernières années est coupée en deux. Les départements où le nombre annuel de créations pour 10.000 habitants dépasse 12,1 sont tous situés au Sud (à l'exception de Paris). Ceux où les créations sont inférieures à 8,6 pour 10.000 habitants sont tous situés au Nord.

Contraintes et résilience

Au chapitre de l'emploi, si les effectifs restent stables à 1,83 million de salariés – soit près de un salarié du secteur privé sur dix –, le nombre d’établissements employeurs associatifs continue de chuter à 157.540 en 2019, contre 167.400 en 2015. Le Covid a aussi eu son effet dans ce domaine : 60.000 emplois en moins (-3,5%) entre le quatrième trimestre 2019 et le premier trimestre 2020. Les embauches ont, elles, chuté de 40% sur la même période.
L'étude s'attarde sur d'autres conséquences de la crise sanitaire. On apprend que 86% des associations ont été contraintes d'annuler des évènements, que 66% ont été amenées à suspendre leurs activités et 57% à revoir leur mode de fonctionnement, avec par exemple une "percée du bénévolat" et "des usages numériques démultipliés".
Si "le trou d'air est violent et laissera des traces", Recherche & Solidarités voit également dans l'épisode du confinement des signes très positifs de "résilience" et de "forte réactivité" : "Souvent privés de leur cœur de métier, la plupart des associatifs ont agi autrement. En répondant aux besoins immédiats des populations. {…] Mieux, des associations se sont spontanément et immédiatement créées un peu partout en France pour faire directement face aux risques sanitaires."

Droits audiovisuels des manifestations sportives : le sport amateur menacé

Il n'y a pas que la crise sanitaire qui menace actuellement l'existence de nombreuses associations sportives. Le 6 octobre dernier, la société espagnole Mediapro, détentrice des droits de diffusion audiovisuelle des championnats de Ligue 1 et 2 de football, a refusé de payer une échéance de 172 millions d'euros et demandé une renégociation du contrat la liant à la Ligue de football professionnel. Si ce défaut de paiement met en difficulté les clubs professionnels dont les ressources sont majoritairement constituées de ces droits, le sport amateur pourrait également en pâtir.
Les droits audiovisuels du football constituent l'essentiel de l'assiette de la taxe dite "Buffet", dont le produit est versé à l'Agence nationale du sport pour financer, notamment, le développement du sport associatif. Le projet de loi de finances pour 2021 prévoyait d'ailleurs, pour faire face aux difficultés financières des associations sportives, un relèvement du plafond de la taxe. Son produit attendu en 2021 s'établissait à 64,1 millions d'euros, contre 40 millions cette année.
Dans un communiqué, Cédric Roussel, député des Alpes-Maritimes et président du groupe d'études sur l'économie du sport à l'Assemblée nationale, estime qu'on ne peut "tolérer une baisse de ces ressources. Elles sont essentielles pour soutenir nos clubs et nos associations sportives via l'action de l'Agence nationale du sport". Il pointe le risque "d'un effet domino dévastateur sur toute la chaîne du financement du sport en France".
J D L

 

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