La qualité de l'air des gymnases jugée satisfaisante

Deux études publiées par l'Ademe font état d'une qualité de l'air satisfaisante dans les gymnases et salles de sport. Quand ils sont détectés, les polluants restent à des valeurs inférieures aux seuils réglementaires.

La qualité de l'air des gymnases et salles de sport est globalement satisfaisante et les concentrations en polluants y restent inférieures aux seuils réglementaires, selon deux études publiées par l'Ademe le 22 septembre.

La première étude, baptisée "QAI Sport" visait à mesurer l'exposition aux composés organiques volatils (COV) et semi-volatils (COSV) et aux microorganismes dans les environnements sportifs. Elle s'est penchée sur la qualité de l'air au sein de différents équipements : salles de fitness, dojos, salles de motricité en école maternelle, studios de danse et gymnases. 

Des concentrations plus élevées dans les bâtiments anciens

Selon l'Ademe, "les résultats mettent en évidence la présence de polluants chimiques à des niveaux globalement comparables à ceux d'autres environnements intérieurs". En ce qui concerne les COV, l'étude note que l'environnement propre au sport émet des "composés spécifiques" : du benzothiazole provenant de matériaux en caoutchouc recyclé, des siloxanes, issus des cosmétiques, et de l'acétone, liée à l'activité humaine, y ont été identifiés. Les dojos présentent en particulier de grandes surfaces de matériaux émetteurs de COV (mousses de protection murales, tatamis). Toutefois, "les concentrations en polluants réglementés dans le cadre de la surveillance de la qualité de l'air intérieur dans les établissements recevant du public, formaldéhyde et benzène, restent inférieures aux seuils réglementaires".

De leur côté, les COSV, plus lourds et qui peuvent persister plus longtemps sur les surfaces, montrent des concentrations qui "varient sensiblement selon les matériaux, l'ancienneté des locaux et la ventilation". L'étude pointe des concentrations plus élevées au sein de bâtiments datant des années 1960-1970 et met en lumière le "lien significatif" entre la faible concentration de polluants et la qualité du renouvellement de l'air. Les COSV les plus présents sont les phtalates issus des PVC, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), ainsi que les retardateurs de flamme et biocides (que l'on retrouve dans certains matériaux, mousses ou désinfectants), notamment dans les salles de fitness. L'étude QAI Sport note aussi que les niveaux de microorganismes sont "globalement faibles". Là encore, les salles de musculation se distinguent : on y observe plus qu'ailleurs des concentrations élevées de bactéries en période d'occupation.

À Paris, une perméabilité entre air extérieur et intérieur

Le projet PAIR'SO s'est pour sa part intéressé à quinze gymnases parisiens. Ses résultats font état de concentrations en CO2 qui "restent majoritairement inférieures aux seuils, indiquant un renouvellement de l'air globalement satisfaisant, malgré quelques pics ponctuels". Les concentrations en polluants organiques sont elles aussi "largement inférieures aux valeurs de référence".

Toutefois, ces gymnases parisiens se caractérisent par des concentrations en oxydes d'azote issus de la circulation automobile "comparables entre l'extérieur et l'intérieur". L'étude met encore en évidence la perméabilité entre l'extérieur et l'intérieur des équipements pour les particules fines, lesquelles doivent faire l'objet d'une surveillance "dans la mesure où l'activité sportive peut par ailleurs créer des phénomènes de remise en suspension desdites particules, conduisant dans certains cas à des concentrations significativement élevées".

La rénovation en question

Les deux études recommandent de privilégier des matériaux de construction peu émissifs en COV pour la construction de gymnases et salles de sport, et de remplacer les équipements susceptibles de contenir des substances aujourd'hui interdites lors de la rénovation des bâtiments anciens, notamment ceux accueillant des enfants. Elles insistent aussi sur l'importance du renouvellement de l'air et d'un système de ventilation performant – en particulier en lien avec le taux d'occupation – et sur le nettoyage régulier des surfaces en limitant l'usage de produits émissifs. Pour aller plus loin, l'Ademe propose le 8 octobre prochain un rendez-vous dédié à l'air intérieur des salles de sport et de motricité.

De leur côté, la Banque des Territoires et les partenaires du programme Édurénov viennent de  dévoiler les cinq lauréats de la deuxième édition des Prix de la Rénovation Édurénov, créés en 2025 pour mettre en lumière les rénovations d'équipements scolaires et éducatifs les plus performantes. Parmi eux, deux équipements sportifs figurent pour la première fois au palmarès. Le premier est le complexe gymnique Jean-Bouveri de Montceau-les-Mines, un bâtiment construit dans les années 1970 qui a fait l'objet d'une rénovation complète, et notamment de son système de ventilation. Au Port, à La Réunion, la rénovation du gymnase Cotur a privilégié des solutions passives pour améliorer le confort thermique sans recourir à la climatisation, en particulier grâce à une ventilation naturelle et à des brasseurs d'air. Autant de solutions qui renforcent la qualité de l'air intérieur des équipements.

 

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