La qualité de l'air en Île-de-France s'est légèrement dégradée en 2025

Les niveaux de pollution de l'air ont légèrement augmenté sur un an en 2025 en Île-de-France, où près d'un quart des habitants sont exposés à des dépassements des valeurs limites qui entreront en vigueur en 2030, selon le bilan annuel d'Airparif paru ce 16 avril.

L'an dernier, les concentrations de dioxyde d’azote (NO2) en Île-de-France ont enregistré une légère hausse par rapport à 2024, aussi bien à proximité du trafic routier qu’à distance de celui-ci, selon le bilan annuel d'Airparif publié ce 16 avril. Cette évolution est surtout due "à des conditions météo moins favorables à la dispersion des polluants, après une année 2024 particulièrement pluvieuse", explique l'observatoire de l'air régional. La hausse des niveaux de pollution en 2025 reste "a priori conjoncturelle par rapport à la tendance à l'amélioration de la qualité de l'air constatée sur le long terme en Île-de-France, à l'exception de l'ozone.

Pour les particules fines (PM2.5), une légère hausse des niveaux est aussi relevée sur l'année 2025, en lien notamment avec un hiver moins doux et plus sec qu’en 2024 entraînant à la fois une légère hausse des émissions de particules issues du chauffage et une moins bonne dispersion dans l’air de ces émissions. Dix épisodes de pollution (dépassement du seuil réglementaire d'information) ont en outre été constatés en 2025 dans la région.

Depuis 20 ans, les concentrations en dioxyde d'azote et particules fines ont diminué respectivement de 50% et 60% à l'échelle régionale, baisse qui s'est toutefois ralentie ces dernières années. Cette "tendance de fond" résulte essentiellement "de la mise en place de réglementations et politiques publiques visant à réduire les émissions de polluants", notamment le trafic routier et les systèmes de chauffage, décrypte Airparif. Parmi ces politiques publiques figurent les zones à faibles émissions (ZFE) contre les véhicules polluants, que le Parlement vient de supprimer (lire notre article).

La pollution de l'air reste responsable d'environ 8.000 décès prématurés chaque année en Ile-de-France, et de nombreuses maladies chroniques, rappelle Airparif. En 2025, environ 1.500 personnes restaient exposées à des concentrations de dioxyde d'azote - un polluant qui aggrave notamment le risque de mortalité lié au diabète et aux AVC - supérieures à la valeur limite règlementaire en vigueur depuis 2010, en particulier sur les axes routiers les plus fréquentés comme le périphérique.

Pour les concentrations de particules fines (PM 2,5), la valeur limite a été respectée en 2025 sur l'ensemble de la région. Mais les niveaux annuels ont largement dépassé les recommandations de l'OMS pour ce polluant qui aggrave le risque de mortalité lié notamment aux infarctus, aux AVC, au diabète et aux cancers du poumon.

Les impacts en termes de santé publique de la pollution de l'air "soulignent l'ampleur des efforts restant à accomplir pour réduire durablement l'exposition des populations", conclut Airparif.

 

Voir aussi

Abonnez-vous à Localtis !

Recevez le détail de notre édition quotidienne ou notre synthèse hebdomadaire sur l’actualité des politiques publiques. Merci de confirmer votre abonnement dans le mail que vous recevrez suite à votre inscription.

Découvrir Localtis