Environnement - La qualité des eaux en France encore loin des objectifs de 2015

La France est encore loin des objectifs fixés par la directive cadre européenne sur l'eau visant un "bon état écologique" pour toutes les eaux (côtières, intérieures et souterraines) d'ici à 2015. Selon les derniers chiffres communiqués à la Commission européenne, qui ont été rendus publics le 22 mars à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau, plus de la moitié des eaux de surface (cours d'eau, plans d'eau, eaux côtières) n'atteignent pas ce "bon état écologique" en 2009 : 38% des masses d'eau de surface sont dans un état écologique "moyen", 11% "médiocre" et 4% dans un "mauvais état écologique" (contre 45% en bon ou très bon état). En outre, 45% de ces eaux sont en "bon état chimique", 34% sont "indéterminées" et 21% ne sont pas en "bon état chimique".

Le document du ministère de l'Ecologie faisant état de ces chiffres rappelle qu'une eau en bon état est une eau "en qualité et en quantité suffisante pour assurer un fonctionnement durable des écosystèmes et satisfaire les usages". Son état écologique est déterminé en analysant la biodiversité (animale et végétale), la concentration en phosphore et nitrates, l'état de la côte ou des berges, ainsi que la "continuité" des cours d'eau (présence de barrages ou d'obstacles). Quant à l'état chimique des masses d'eau de surface, il est évalué en mesurant la concentration d'une quarantaine de substances chimiques - métaux lourds (cadmium, mercure, nickel...), pesticides, polluants industriels - dans le milieu aquatique.

Concernant les masses d'eau souterraines, 89% sont en "bon état quantitatif", c'est-à-dire que "les prélèvements d'eau effectués ne dépassent pas la capacité de renouvellement de la ressource disponible, compte tenu de la nécessaire alimentation des écosystèmes de surface". 59% de ces eaux sont en "bon état chimique", ce qui signifie que "les concentrations de certains polluants (nitrates, pesticides, arsenic, cadmium, plomb, chlorures...) ne dépassent pas des valeurs limites fixées au niveau européen, national ou local (selon les substances) et qu'elles ne compromettent pas le bon état des eaux de surface", précise le document du ministère de l'Ecologie.
Des dérogations à la directive (report d'échéance ou objectifs moins stricts) sont cependant possibles. Pour la France, 36% des masses d'eau de surface font ainsi l'objet d'une dérogation concernant l'état écologique et 17% pour l'état chimique. "On ne sera pas au 100%, mais si on arrive à atteindre nos deux tiers de bon état écologique, on sera dans le peloton de tête européen", a déclaré la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno. "Si nous n'avions pas pris les mesures Grenelle, on serait resté en 2015 sur l'ordre de grandeur actuel avec grosso modo 50%", a-t-elle estimé.
"Il faut maintenant une accélération forte et surtout ne reculer sur aucun des différents points: mise aux normes des stations d'épuration, suppression des obstacles ou encore plan Ecophyto 2018 (qui vise à réduire de moitié, "si possible", l'usage des pesticides dans l'agriculture d'ici à 2018)", a-t-elle souligné.
Dans un communiqué, le ministère de l'Ecologie rappelle les efforts engagés depuis 2007 pour accélérer la mise en conformité des stations d'épuration. Sur 146 collectivités concernées, 104 ont été mises en conformité au 1er mars 2010, soit 70 % du parc. Parmi les 42 stations restantes, seules 6 n'ont pas encore démarré leurs travaux.
"Le plus important à court terme, ce sont les stations d'épuration", a insisté Chantal Jouanno. "La suppression des obstacles prendra un peu plus de temps. Sur les gros obstacles de type barrage, effectivement, c'est difficile", a-t-elle reconnu.

 

Anne Lenormand avec AFP

 

Les entreprises de l'eau veulent mieux communiquer

Régulièrement épinglées pour leurs pratiques tarifaires, leur manque de transparence vis-à-vis des usagers ou la position dominante exercée par les trois majors du secteur (Suez-Veolia-Saur), les entreprises de l'eau souhaitent redorer leur blason. Elles viennent de lancer une campagne publicitaire dans la presse nationale et régionale pour vanter leur contribution aux grands enjeux de l'eau (protection de la ressource, qualité garantie 24h/24, assainissement) et ont ouvert le 22 mars un blog qui se veut "trait d'union" entre professionnels, collectivités et grand public. Outre des articles sur l'actualité de l'eau et des entreprises, il entend permettre aux usagers de poser leurs questions sans tabou. "Une occasion de rétablir bien des vérités sur l'eau", assurent ses promoteurs...
A.L.
 

 

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