L'Adullact et Déclic planchent sur une messagerie instantanée souveraine

Tchap, la messagerie instantanée sécurisée de l'État, cible avant tout les agents de l'administration centrale. L'Adullact, qui accompagne les collectivités dans la création et la diffusion de logiciels libres, et Déclic, fédération des opérateurs publics de services numériques, planchent sur un projet alternatif, présenté à Échirolles le 17 février 2026.

La messagerie instantanée fait désormais partie des logiciels utilisés au quotidien dans les administrations. Mais la dépendance à des solutions étrangères, de WhatsApp à Telegram en passant par Signal, est de plus en plus problématique dans le contexte géopolitique actuel. Ce constat a conduit l'État à lancer Tchap, une messagerie "souveraine" intégrée à la Suite de l'État.

Problème : après investigation - et malgré ce qu'affirme toujours la page Beta.gouv  - Tchap ne touche en réalité "que les agents de l'administration centrale", comme l'a expliqué Matthieu Faure de l'Adullact lors des Rencontres du logiciel libre (AlpOSS), tenues le 17 février 2026 à Échirolles. L'association qui promeut le logiciel libre dans les collectivités a donc décidé de concevoir sa propre solution. Elle s'est alliée à Déclic, dont les 80 opérateurs publics de services numériques (OPSN) seraient en mesure de la proposer aux petites collectivités.

Matrix comme brique technique

Le choix technique s'est porté sur Matrix, un protocole ouvert et standardisé, dont le logiciel client de référence se nomme Element. Matrix repose sur une architecture fédérée où chacun héberge sa propre "instance" sur ses serveurs. Philippe Le Brouster, responsable des systèmes d'information à Échirolles, en détaille les atouts : réseau distribué sans point central, chiffrement de bout en bout, compatibilité mobile/ordinateur et synchronisation entre terminaux.

Les partenaires du projet sont partis sur une architecture fermée au nom de la "confiance". En d'autres termes, l'accès sera strictement réservé aux collectivités et OPSN en capacité de gérer leur propre instance. "L'idée, c'est de construire une messagerie instantanée territoriale de confiance", explique Stéphane Vangheluwe, directeur du Sitiv et représentant de Déclic. La partie identification des utilisateurs sera essentielle et devrait s'appuyer sur ProConnect, le connecteur de l'État.

Des passerelles envisagées avec Tchap

Initié en octobre 2025 en marge de Numérique en Commun[s], le projet avance sur plusieurs fronts : le choix de l'interface technique, du modèle de gouvernance et la mise en place d'un modèle économique. Il s'agit notamment de produire une documentation pour permettre aux collectivités d'installer leur instance Matrix, l'Adullact intégrant ce service à son offre pour les collectivités ne disposant pas des compétences.

Des discussions sont par ailleurs en cours avec la Dinum pour envisager, à terme, des passerelles entre cette messagerie et Tchap. Car si l'idée est bien de permettre une communication entre administrations, les enjeux de sécurité sont considérables.

 

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