L'ANLCI publie 100 cartes des territoires "à risques d’illettrisme"

L’Agence nationale de lutte contre l'illettrisme publie 100 fiches identifiant les territoires "à risque d'illettrisme" au sein de chaque département et à la maille intercommunale afin de mieux "orienter l’action publique".

En France, 3,7 millions d'adultes, ou 10% de la population active, sont en difficulté avec les compétences de base (lire, écrire, compter) alors même qu'ils ont été scolarisés en France. Parmi eux, 1,5 million de personnes sont en situation stricte d'illettrisme, qui désigne l'incapacité à lire et à comprendre un texte portant sur des situations de vie quotidienne. 

Mais où vivent ces personnes ? Les données nationales ne permettant pas de les localiser, l'Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI) a dû s'appuyer sur d'autres statistiques pour cartographier le phénomène à la maille intercommunale. Mercredi 8 avril 2026, la structure publique a publié 100 fiches départementales repérant les intercommunalités les plus "à risque d'illettrisme". Pour réaliser ce travail, elle a analysé la concentration locale de personnes peu ou pas diplômées, âgées de 50 à 64 ans et arrivées en France en cours de scolarité. Ces quatre catégories de population concentrent en effet une part plus élevée de personnes peinant à lire, écrire ou compter. 

Les fiches cartographient ces quatre facteurs de risque en offrant des points de comparaison à la fois régionaux et nationaux. Celle dédiée au département du Nord révèle par exemple que la métropole européenne de Lille fait partie des EPCI où la part de personnes arrivées en France en cours de scolarité est parmi les 20% les plus élevées en France. La communauté de commune du Sud Avesnois compte 61% de peu ou pas diplômés, six fois plus que la moyenne en Hauts-de-France (15,5%). Dans chaque fiche, l'ANLCI livre une analyse des enjeux. 

À l'échelle nationale, cet exercice montre plus largement que le nord et le centre de la France concentrent une part plus élevée de personnes en difficulté de lecture, d'écriture ou de calcul.

Une population pénalisée

Cette nouvelle "carte de l'illettrisme" pourra notamment être exploitée par les différents comités territoriaux pour l'emploi "afin d'orienter l'action publique". Six personnes ayant des difficultés à l'écrit ou en calcul sur dix sont en emploi, contre huit sur dix pour le reste de la population. Et parmi les personnes peu ou pas diplômées rencontrant des difficultés à l'écrit ou en calcul, cinq sur dix ne sont pas en emploi, rappelait l'Insee dans une étude publiée en octobre 2025.

Des constats qui impliquent de maintenir les investissements dans les formations aux savoirs de base, a souligné en substance François Bonneau, président de la commission éducation, orientation, formation et emploi de Régions de France, lors d'une conférence de presse conjointe avec l'ANLCI. Pour le président de la région Centre-Val de Loire, c'est un complément incontournable aux actions de qualification professionnelle. 

 

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