Sports - L'Assemblée nationale se penche sur le gouffre financier du football

Michel Platini, président de l'Union européenne de football association (UEFA), a été auditionné mercredi 16 janvier par une mission d'information sur le fair-play financier appliqué au modèle économique des clubs de football professionnels français formée au sein de la commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée nationale.
Cette audition à huis clos s'est déroulée uniquement en présence des membres de la mission d'information. Son rapporteur, le député du Rhône Thierry Braillard, a confié que Michel Platini avait montré que le déficit du football européen était passé de 0,7 milliard d'euros en 2008 à 1,7 milliard en 2011, alors qu'il n'avait jamais généré autant de recettes. Le football professionnel français, quant à lui, cumulait au 30 juin dernier 107 millions de déficit.
Le fair-play financier, dont les règles ont conduit l'UEFA à prendre en décembre dernier ses premières mesures d'exclusion des compétitions contre les mauvais élèves, vise notamment à ce que la masse salariale des clubs ne dépasse pas 65% des budgets, alors qu'elle atteint parfois jusqu'à 90%.
Les auditions de personnalités du football vont se poursuivre jusqu'en avril ou mai. La mission d'information remettra ensuite ses préconisations à l'Assemblée. Le rapport pourrait venir nourrir le copieux projet de loi-cadre sur le sport voulu par Valérie Fourneyron. La viabilité des clubs professionnels et les rapports entre ceux-ci et les collectivités devraient figurer parmi les grands thèmes abordés dans le futur texte.

Jean Damien Lesay

Euro 2016 : déjà 118 millions d'euros engagés
Dans une réponse à une question parlementaire du député du Rhône Thierry Braillard qui lui demandait de préciser les affectations financières décidées ou envisagées pour chacun des projets de construction ou de rénovation retenus dans le cadre de l'organisation de l'Euro 2016 de football en France, Valérie Fourneyron, ministre des Sports, a affirmé que sur les 160 millions d'euros prévus pour soutenir financièrement les différents projets, "118 millions d'euros ont effectivement fait l'objet d'une délibération quant au montant et au bénéficiaire".
Dans le détail, il s'agit du stade de Bordeaux (ville de Bordeaux) pour 28 millions d'euros, du stade de Lille (Lille-Métropole) pour 28 millions d'euros, du stade de Marseille (ville de Marseille) pour 28 millions d'euros, du stade de Nice (ville de Nice) pour 20 millions d'euros, du stade de Saint-Etienne (ville de Saint-Etienne) pour 8 millions d'euros, du stade de Toulouse (ville de Toulouse) pour 6 millions d'euros. Les autres dossiers de stade – Paris et Lens, notamment – ne sont pas totalement complets et seront examinés lors d'un ou de prochains conseils d'administration du Centre national pour le développement du sport (CNDS), a précisé la ministre.
Les subventions seront versées selon les dispositions du règlement général du CNDS après que la Commission européenne - à qui le gouvernement doit adresser un dossier de notification - aura déclaré que ces aides ne contreviennent pas au droit européen des aides d'Etat.
Par ailleurs, la Fédération française de football a annoncé jeudi 17 janvier qu'elle présentera les dossiers de dix villes-hôtes à l'organisation des matchs de l'Euro 2016 : Bordeaux, Lyon, Nice, Lille, Lens, Paris, Marseille, Toulouse, Saint-Etienne et Saint-Denis. L'UEFA aura le dernier mot, le 24 janvier, sachant que neuf stades suffisent en principe à accueillir l'ensemble de la compétition.
 

 

Référence : question parlementaire n°11523 publiée au JO du 20 novembre 2012 ; réponse publiée au JO du 8 janvier 2013.

 

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