L’association Solidarités nouvelles face au chômage plaide pour un "plein emploi durable"

L’association qui a fêté ses quarante ans d’existence en 2025 publie un "Manifeste pour l’avènement d’une société du plein emploi durable". Un document qui derrière les constats, ébauche des propositions dont les auteurs souhaitent qu’elles soient débattues lors de la prochaine campagne présidentielle.

Après deux ans de travaux et de débats, l’association Solidarités nouvelles face au chômage (SNC) publie un manifeste qui plaide pour l’avènement d’une économie "plus soutenable vis-à-vis des personnes les plus vulnérables", souvent en première ligne face aux difficultés d’accès à l’emploi. "C’est d’abord un plaidoyer pour lutter contre les préjugés auxquels sont confrontés les demandeurs d’emploi d’une manière générale", précise François Quintreau, secrétaire de l’association SNC et coordinateur du manifeste. Un document à travers lequel, résume-t-il, SNC cherche à peser sur le débat politique "au sens noble du terme", avec l’élection présidentielle de 2027 en ligne de mire.

Au cœur des réflexions menées par SNC se trouve la notion de "plein emploi durable". Un concept dont François Quintreau livre une définition simple : "Le plein emploi, mais pas n’importe lequel !" En creux, le représentant de l’association évoque un plein emploi "écologiquement soutenable", "socialement souhaitable" offrant un taux d’emplois stables supérieur à ce qu’il est aujourd’hui (autour de 60% selon SNC), le tout dans une économie robuste. "Ce que nous démontrons à travers ce manifeste, c’est que l’on peut mener ces transformations en améliorant notre déficit public, ce qui sera un enjeu clé des prochaines années", veut-il croire.

Avant d’ébaucher des pistes, SNC dresse des constats. Celui, tout d’abord, d’une triple crise écologique, sociale et économique. Sur la question écologique, SNC s’est appuyé sur les travaux menés par l’Ademe qui porte un scénario de neutralité carbone à horizon 2050, en faisant de l’objectif du plein emploi le marqueur d’ une transition écologique "juste et acceptable" ; sur le plan social, François Quintreau constate à la fois une montée de la pauvreté et de l’isolement relationnel, malgré l’embellie sur le front du chômage observée ces dernières années (du moins jusqu'au retournement récent), ainsi qu’une relative absence de réflexion sur la question centrale, estime-t-il, de la qualité des emplois proposés ; enfin, s’agissant de la dimension économique, la croissance vertigineuse des déficits publics comme de la dette doivent fatalement être au cœur des réflexions.

Une nouvelle boussole sociale

Afin de répondre efficacement à ces défis, Solidarités nouvelles face au chômage ne propose rien de moins qu’une "nouvelle boussole sociale" : "On propose un chemin et tout est discutable ; ce que nous voulons c’est ouvrir le débat", explique François Quintreau qui identifie plusieurs leviers afin d’atteindre cet objectif du plein emploi durable. Il milite en premier lieu pour un soutien massif à l’investissement privé comme public en faveur de la transition écologique, répondant en cela aux recommandations de la Cour de comptes en la matière, dans la droite ligne du rapport Pisany-Ferry de 2023. "Ce que nous proposons, c’est une réforme de la fiscalité du patrimoine qui s’appuierait sur une sorte de taxe Zucman afin de financer l’adaptation à ces enjeux stratégiques" ; SNC propose en parallèle la mise en place d’un mécanisme "d’optimisation fiscale à des fins sociales et économiques" avec une réforme des dons aux associations qui doit permettre à ces dernières "de mieux remplir leur mission sociale", notamment en matière d’économie sociale et solidaire. Un bon moyen, également, "de créer des ponts à l’échelle des territoires entre les associations et les entreprises afin de donner envie aux personnes en insertion d’aller vers ces entreprises traditionnelles, et vice-versa !"

Afin de tendre vers les objectifs fixés dans le cadre de ce manifeste, François Quintreau imagine un calendrier en trois temps. "Entre 2027 et 2030, c’est le temps du sursaut citoyen", explique-t-il, qui pourra prendre la forme de conventions citoyennes autour de la question du travail, tant au plan national que dans les territoires ; entre 2031 et 2034 viendra le temps de "l’accélération territoriale" avec la mise en œuvre de plans territoriaux de transformation des emplois ; enfin, dans un troisième temps (2035-2040), vient la nécessaire "consolidation durable", soit "la pleine intégration des enjeux de post-croissance et déploiement d’une immigration accompagnée pour répondre aux besoins de main-dœuvre".

Pour aboutir à ces propositions, l’association SNC a pleinement jouée son rôle de laboratoire en mobilisant ses bénévoles ainsi que de nombreux partenaires tels que le Shift Project, le Medef, la Macif et la Maif, des opérateurs tels que Transdev, EDF et bien sûr France travail. Le signe selon François Quintreau "que quelque chose de consensuel peut émerger de ces travaux" guidés par le souci "d’apaiser le débat démocratique avec du fonds". Car au final, "il faudra trouver des consensus même si c’est une transformation radicale qui doit s’imposer".

 

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