Plus de 8% de la population active cherche un emploi
Le taux de chômage de la population est remonté à 8,1% au premier trimestre 2026, selon l’Insee. 46,7% des bénéficiaires du RSA et 21,1% des 15-29 ans cherchent un emploi.
© Capture vidéo Assemblée nationale/ Audition de Jean Pierre Farandou
L’horizon du plein-emploi visé par Emmanuel Macron s’éloigne de plus en plus. Au premier trimestre 2026, 2,6 millions de personnes cherchaient activement un emploi, soit 8,1% de la population active en France (7,9% en métropole). Sur un an, ce taux est en hausse de 0,7 point, selon l’Insee. Alors qu’elle n’avait cessé de baisser depuis dix ans, la courbe du chômage remonte depuis fin 2024 et rejoint son niveau de 2020, voire 2019.
Chômage poussé par les jeunes et allocataires du RSA
Se référant à la loi pour le plein emploi adoptée fin 2023, l’Insee note qu’après cinq trimestres de mise en œuvre d’une réforme visant d’abord l’emploi des jeunes et des bénéficiaires du RSA, ces deux publics cibles "contribuent pour près de moitié de la hausse du taux de chômage depuis la fin 2024".
Leur inscription automatique à France Travail a pu, selon l’Insee, faire passer ces publics "temporairement de l’inactivité au chômage au sens du BIT" par contact avec des offres d’emploi, selon un responsable de l’Insee, cité par l’AFP. L’étude de l’Insee rappelle néanmoins que des "effets conjoncturels" ont également pu jouer.
Au premier trimestre 2026, le taux de chômage des bénéficiaires du RSA atteint 46,7%, un taux en hausse de 0,7 point en un trimestre et de 6,2 points depuis la fin 2024, avant l’entrée en vigueur de leur inscription automatique à France Travail. 25,5% sont en emploi, une part en recul.
Malgré la vigilance des gouvernements successifs, le chômage des jeunes continue de progresser. 21,1% des 15-29 ans cherchent activement un emploi, une part en hausse de 0,4 point sur un an. 13,1% de cette même classe d’âge est ni en emploi, ni en formation, ni en études (NEET), un taux qui poursuit sa hausse vers les niveaux d’avant-crise sanitaire depuis le point bas atteint en pleine pandémie, à 11,8%.
"Donner une forme de priorité à la jeunesse"
Interrogé ce mercredi en commission des affaires sociales au Sénat, l’actuel ministre du Travail Jean-Pierre Farandou veut voir le verre à moitié plein, soulignant la progression du taux d’emploi des jeunes. Il y a quelques jours, il a en effet annoncé un nouveau "plan Emploi futur" pour relancer l’emploi des jeunes (lire notre article), un an après un précédent plan visant le même objectif annoncé par sa prédécesseure Astrid Panosyan-Bouvet (lire notre article).
"L’objectif qu’on se donne c’est d’arriver à 40% de taux d’emploi d’ici 2030" alors qu’il est aujourd’hui de 34,4%. Et d’insister sur l’orientation pour aller vers "les bonnes formations" au plus tôt. Il cite également l’exemple des Établissements pour l’insertion dans l’emploi (lire notre article), un petit dispositif épargné par les coupes budgétaires, comme un moyen efficace pour aider les publics en difficulté. "Pour le PLF 2027 qui ne sera pas facile, à titre personnel et j'espère que vous me suivrez, j'essaierai de donner une forme de priorité à la jeunesse qui je pense est un sujet important", a-t-il déclaré.
Plus de 1,1 million de personnes en emploi en plus depuis 2019
Plus globalement, le ministère du Travail relativise les chiffres du chômage en insistant sur la croissance des personnes en emploi. Le taux d’emploi des 15-64 ans s’élève à 69,5% de la population active, soit "plus de 1,1 million de personnes en emploi en plus depuis fin 2019", selon lui. Parmi les 50-64 ans, 650.000 personnes de plus travaillent par rapport à 2019.
Dans ce contexte, si le chômage augmente, c’est donc essentiellement en raison d’un nombre insuffisant d’emplois par rapport à la hausse de la population active, a expliqué Eric Heyer, directeur du département analyse et prévision de l'OFCE, cité par l’AFP.