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Tourisme / Environnement - Le Cese veut promouvoir le tourisme durable dans les outre-mer

En même temps qu'il votait sa résolution "portant contribution aux assises des outre-mer", le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a adopté, le 28 mars, à la quasi-unanimité (173 voix pour, 2 abstentions et 0 contre), son avis "Promouvoir le tourisme durable dans les outre-mer". Un avis présenté, au nom de la délégation à l'outre-mer, par Inès Bouchaut-Choisy, présidente du groupe de l'outre-mer et, par ailleurs, directrice du comité du tourisme de Saint-Barthélemy.

Une "succession de crises"

Alors que l'outre-mer a bénéficié pleinement de la reprise de l'activité touristique en 2017 (voir notre article ci-dessous du 12 mars 2018), le Cese n'en pointe pas moins d'"importantes difficultés" depuis le début des années 2000. L'avis cite notamment le développement des destinations concurrentes, suivi d'une "succession de crises" : conséquences des attentats de 2001 et de la crise financière de 2008, crises locales (dont les mouvements sociaux de 2009 aux Antilles), chikungunya et attaques de requins à la Réunion, épidémie de zika...
L'avis estime que, malgré plusieurs rapports antérieurs sur le sujet appelant à un sursaut du tourisme ultramarin (voir nos article ci-dessous du 23 avril 2015 et du 11 février 2014), "aujourd'hui, le modèle de tourisme basé essentiellement sur des offres balnéaires a atteint ses limites". En effet, le secteur repose toujours sur un modèle "qui a été compétitif, mais qui nécessite une profonde mutation". Celle-ci est d'autant plus nécessaire que les territoires d'outre-mer se trouvent "aux avant-postes des effets du réchauffement climatique". Pour autant, l'avis n'entend pas opposer le tourisme balnéaire au tourisme durable, mais plutôt "recenser les pistes permettant la mutation du secteur touristique ultramarin vers des modèles plus durables".

Une identité culturelle qui s'appuie sur la biodiversité

Pour cela, l'avis du Cese avance six grands axes d'évolution. Le premier consiste à mettre l'identité culturelle et la richesse de la biodiversité des territoires au cœur de leur stratégie, avec le soutien d'une véritable politique de recherche.
Dans le même esprit, le second axe préconise de favoriser l'émergence d'une volonté politique forte, d'une large participation des acteurs, ainsi que d'une dynamique collective. Dans cette optique, l'avis recommande notamment un pilotage par le Premier ministre, avec une poursuite de ce travail au niveau local sous la forme de "forums stratégiques du tourisme durable". Il suggère aussi qu'Atout France se dote d'un pôle outre-mer dédié.
Pour réformer le tourisme ultramarin, le troisième axe préconise de mettre en place des outils d'analyse, d'anticipation et de promotion des flux touristiques : créations d'observatoires du tourisme, investissement dans des outils d'analyse et des comptes satellites, amplification de l'innovation par le développement des solutions numériques et digitales...

Des dons des touristes pour compenser le coût carbone

Pour accompagner ces évolutions, le quatrième axe recommande de mettre l'accent sur la formation, avec en particulier la mise sur pied d'une mission de préfiguration, "chargée de clarifier les offres de formation et d'apprentissage, et d'étudier l'opportunité de créer, à l'échelle de chaque territoire, un centre de formation aux métiers du tourisme".
Le cinquième axe vise à impliquer la population dans le développement durable, par le biais de la découverte de la biodiversité (en particulier grâce à des sessions d'information pédagogiques à destination des habitants, des élus et des professionnels du tourisme).
Enfin, le sixième axe consiste à mettre en place un financement permettant la transition. Sur ce point, le Cese préconise notamment de bonifier les taux d'aide à l'investissement dans le secteur touristique sur la base de critères de développement durable, d'amplifier la politique de labellisation des initiatives touristiques durables, mais aussi d'inciter les clients des entreprises de transport aérien et maritime à compenser le coût carbone de leurs voyages par un don à une association locale œuvrant pour la protection de l'environnement (avec abondement des entreprises concernées).

 

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