Le gouvernement lance une campagne contre le protoxyde d’azote
Le gouvernement a lancé, mardi 7 avril, une campagne de sensibilisation contre l'usage détourné du protoxyde d'azote, également appelé "gaz hilarant".
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Le ministère de l’Intérieur a lancé, mardi 7 avril, une "campagne choc" contre l’usage détourné du protoxyde d’azote qui se banalise auprès des jeunes. Selon le ministère, les signalements d’intoxications liés au protoxyde d’azote ont été multipliés par 3 entre 2022 et 2023 et 50% des signalement décrivent une consommation quotidienne. 10% d’entre eux concernent des mineurs. Par ailleurs, 80% des signalements font état de troubles neurologiques. "Le protoxyde d’azote n’est pas un jeu. C’est un poison qui détruit des vies. (…) Derrière quelques secondes d’euphorie, il peut y avoir une paralysie à vie, ou pire, la mort", souligne la ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, chargée de la citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne, dans un communiqué.
La campagne a été lancée dès le 7 avril sur les réseaux sociaux. Elle sera suivie de spots diffusés à la télévision à partir du 14 avril. "Depuis plusieurs mois, des accidents graves, parfois mortels, liés à la consommation de protoxyde d’azote sont recensés sur l’ensemble du territoire", souligne le ministère qui rappelle que l’usage détourné de ce gaz dit "hilarant" normalement réservé aux bonbonnes de cuisine ou à la médecine entraîne une altération de "l’état de conscience et rend toute conduite particulièrement dangereuse".
Durcissement pénal
Le ministère de l'évoque pas mais c'est aussi un enjeu environnemental et sécuritaire pour les communes, les cartouches pouvant exploser dans les centres de tri (lire notre article du 12 septembre).
Cette campagne s’inscrit dans une stratégie globale qui passe également par un durcissement du volet répressif dans le cadre du projet de loi Ripost présenté par le ministère de l’Intérieur en conseil des ministres le 25 mars (lire notre article). Il prévoit de faire de l’inhalation du protoxyde d'azote, en dehors du cadre médical, un délit passible d'une peine d'un an de prison et de 3.750 euros d'amende. Le transport du protoxyde d’azote sans motif légitime sera passible de deux ans de prison et de 7.500 euros d'amende et la conduite sous son emprise de trois ans de prison et 9.000 euros d'amende. La vente illégale sera sanctionnée de six mois d’emprisonnement et 7.500 euros d’amende et les commerces contrevenants feront l'objet d'une fermeture administrative.
La vente de protoxyde d'azote est déjà interdite aux mineurs depuis 2021. Les députés ont voté en janvier 2025 une proposition de loi visant à étendre cette interdiction à l'ensembles des particuliers. Mais les sénateurs ne s'en sont jamais saisis depuis.