Le logement comme "facteur croissant d’exclusion" : "un électrochoc s’impose", pour la Fondation pour le logement des défavorisés

"La précarité explose en France", selon la Fondation pour le logement des défavorisés, qui se fonde sur les résultats d'un sondage Ipsos réalisé en octobre dernier. Les difficultés à payer le logement et la précarité énergétique touchent en particulier fortement les jeunes.

"Comparés à ceux d’enquêtes similaires menées en janvier 2021 et en janvier 2022 par la Fondation, à la sortie de la période Covid, les résultats montrent que c’est toute une partie de nos concitoyens qui a basculé dans la précarité", alerte la Fondation pour le logement des défavorisés (anciennement fondation Abbé-Pierre) qui a publié le 30 décembre 2025 les résultats d'un sondage Ipsos sur la situation sociale des Français.

Ainsi, après 6% en 2021 et 10% en 2022, ce sont 14% des 1.000 personnes interrogées (échantillon représentatif de la population de 18 ans et plus) qui déclarent avoir eu recours à de l'aide alimentaire (repas, panier repas ou bons) fournie par des associations de solidarités en 2024 ou 2025, dont la moitié pour la première fois de leur vie. Ce taux d'élève à 31% chez les moins de 35 ans.

Près d'un quart (24%) des personnes interrogées déclarent également avoir bénéficié de l'aide financière de leurs proches ces deux dernières années, "contre seulement 12% en 2021 et 15% en 2022". Cela concerne en 2025 la moitié (49%) des jeunes de moins de 35 ans, une petite moitié (47%) des personnes dont le revenu annuel du foyer est inférieur à 15.000 euros et 35% des locataires. 

Les Français majoritairement favorables à l'encadrement des loyers

La Fondation pour le logement met l'accent sur des difficultés financières "de plus en plus aiguës", en particulier pour les locataires : 20% de l'échantillon déclarant des difficultés à payer leur logement (33% pour les locataires) au cours des deux dernières années contre 13% en 2021 et 2022, 26% concernés par des difficultés à payer les factures d'énergie (40% parmi les locataires), 41% indiquant avoir eu froid dans leur logement (55% des locataires). Des données qui "recoupent les constats" du Médiateur de l'énergie, qui observait en octobre dernier que 36% des foyers français peinaient désormais (selon leurs déclarations) à payer leurs factures de gaz ou d'électricité (voir notre article).

L'enquête Ipsos met par ailleurs en évidence un soutien aux mesures que sont l'encadrement des loyers (87% des personnes interrogées favorables) et les 20 ou 25% de logements sociaux prévus par la loi SRU (Solidarité et Renouvellement urbains, 73% de personnes favorables).

Appelant à "une action immédiate de la puissance publique et au déploiement de politiques sociales volontaristes et solidaires", Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le logement, plaide pour l'activation de trois leviers : la hausse des prestations sociales, le renforcement du logement social et la rénovation énergétique. "Un électrochoc s’impose car le logement, qui est un besoin vital, est aujourd’hui le premier poste de dépenses des ménages et un facteur croissant d’exclusion", conclut-il.

 

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