Le Medef défend les certificats de qualification professionnelle
Dans un rapport à paraître, le Medef réclame une meilleure reconnaissance des certificats de qualification professionnelle qui valident les compétences nécessaires aux métiers et qui sont pilotés directement par les branches professionnelles.
© caek/ Olivier Faron (Medef), M-H Chavigny (Carrefour), C. Lefebvre (branche de la propreté), Goulwen Droumaguet (France Compétence) et Xavier Royer (Medef), lors de la présentation de l'étude, le 16 juin
Pilotées par les partenaires sociaux, les branches professionnelles disposent elles aussi de leurs propres systèmes de reconnaissance de compétences. En 2025, leurs certifications représentaient 7,9% du catalogue du répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), dévoile le Medef dans une étude à paraître, présentée le 16 juin dernier.
L’organisation patronale défend ces certifications qu’elle considère plus ajustées aux besoins précis des entreprises. Cependant, elle regrette que celles-ci ne soient pas reconnues "à leur juste valeur". En 2024, environ 55.000 personnes ont ainsi obtenu un certificat de qualification professionnelle, contre 62.000 en 2022, selon les hypothèses de l’organisation patronale qui s’est concentrée sur les résultats des certificats de qualification professionnelle (CQP) enregistrés au RNCP, au nombre de 282 en 2025.
Financements limités
Créés en 1989, les CQP permettent d’attester de la maîtrise de compétences liées à l’exercice d’un métier. Ces certifications alternatives aux diplômes de l’Éducation nationale sont particulièrement investies par certains secteurs, comme la métallurgie, les services de l’automobile, le bâtiment et les travaux publics. Mais d’autres branches, comme l’imprimerie ou les industries graphiques, "enregistrent un recul du nombre de leurs certifications avec des non-renouvellements [dans le RNCP] pendant la période 2023–2025", s’inquiète le Medef.
Ainsi, plus de 500 CQP ne sont pas inscrits au RNCP. En cause : un flux de candidats trop faible, des coûts administratifs d’enregistrement élevés et des difficultés de suivi de l’insertion des cohortes. Dans ce cas, les formations menant à ces certifications peuvent tout de même être financées par France Travail dans le cadre d’une préparation opérationnelle à l’emploi, par les régions, ou par les branches professionnelles, notamment via le contrat de professionnalisation. Mais ces enveloppes budgétaires disponibles sont alors limitées, à la différence de l’apprentissage, financé à la demande.
Taux d’insertion supérieurs à 90%
C’est pourquoi le Medef exige une inscription "de droit" au RNCP, équivalente aux diplômes d’État des ministères, afin de bénéficier du même niveau de reconnaissance et de visibilité pour les certifications de branche. "On ne revendique pas un passe-droit mais une équité de traitement", a souligné Xavier Royer, représentant du Medef à la commission "Certification" de France compétences.
L’organisation patronale réclame aussi l’accessibilité des CQP à l’apprentissage afin de bénéficier de ses financements plus favorables (lire notre article) et des aides à l’embauche plus élevées pour les moins de 30 ans. Elle revendique des taux d’insertion estimés supérieurs à 90% et "une réponse directe aux métiers en tension", en sachant que les CQP, majoritairement de niveau 3, se révèlent de facto plus accessibles à des publics peu qualifiés.
Les titres à finalité professionnelle éligibles à l’apprentissage
Même si cela complexifie le paysage des certifications, certaines branches ont trouvé la parade pour pallier la non-éligibilité à l’apprentissage : inscrire des titres à finalité professionnelle (TFP) au RNCP. Entre 2023 et 2025, leur nombre a doublé. Le RNCP compte 107 TFP actifs. Certains reproduisent des CQP comme le titre "d’agent machiniste propreté", "géomaticien" ou "commis de cuisine". Selon les estimations du Medef, entre 24.000 et 29.000 personnes ont été certifiées.
La métallurgie occupe la première place avec 19 TFP actifs, suivie par le secteur du sport (13 TFP) et celui des services de l’automobile (11 TFP). Viennent ensuite les branches de l’audiovisuel (7 TFP) et de la sécurité ainsi que des services nautiques (6 TFP chacune). Plusieurs autres branches comptent entre 3 et 4 TFP, parmi lesquelles la propreté, les bureaux d’études techniques, la restauration collective, les industries et commerces de la récupération, et les hôtels-cafés-restaurants, selon le rapport.