Le message de l’UNML aux candidats aux municipales : "Faites de la mission locale un partenaire central de votre mandat"
L’Union nationale des missions locales publie un plaidoyer à l’adresse des élus et candidats aux élections municipales pour leur demander de prendre des engagements forts à destination de la jeunesse.
© Mission locale Moyenne Garonne
"Faites de la mission locale un partenaire central de votre mandat" ! Le ton est donné. Dans un plaidoyer adressé aux élus municipaux et candidats aux élections municipales de mars 2026, l’UNML (Union nationale des missions locales) a souhaité rappeler le rôle central de ces structures comme partenaires des communes dans la mise en œuvre de leurs politiques en direction de la jeunesse. Le réseau des missions locales, rappelle en préambule l’UNML, accompagne chaque année près d’un million de jeunes à travers 426 missions locales et leurs quelque 6.800 lieux d’accueil ; des jeunes qui proviennent pour 18% d’entre eux de quartiers prioritaires de la politique de la ville et pour 20% de zones rurales.
À travers cette interpellation, les missions locales entendent rappeler leur rôle "central et indispensable" de ce réseau national qui agit au plus près "des réalités territoriales". Le plaidoyer insiste ainsi sur le rôle des missions locales comme partenaire des collectivités, des services déconcentrés de l’État et de l’ensemble des acteurs économiques et de la formation professionnelle ; situation qui les place en position idéale pour dialoguer avec les futurs élus qui auront dans l’exercice de leur mandat "l’opportunité de faire de la jeunesse une priorité réelle".
Les missions locales réclament l’engagement des élus municipaux
Dans les grandes lignes, le document insiste sur la responsabilité qui incombe aux maires d’offrir à la jeunesse les conditions de la réussite. Et pour y parvenir, ils peuvent - doivent - s’appuyer sur les missions locales qui en retour attendent "l’engagement des élus". "Vous êtes porteurs des leviers d’action : politiques publiques, financements, mobilisation des acteurs locaux, articulation avec les services municipaux et territoriaux." L’UNML rappelle ainsi que "porter un mandat de président de mission locale, désigner un élu à la jeunesse, sont des actes forts" qui démontrent leur détermination à agir.
À l’image des communes, souligne l’UNML, les missions locales ont deux atouts maîtres : la proximité et l’efficacité qui guident l’accompagnement qu’elles offrent aux jeunes, en investissant tous les champs depuis l’orientation professionnelle, le soutien à l’emploi, l’insertion sociale, et jusqu’aux questions de logement, de mobilités ou d’accès aux droits. Ce qui les place en "observatoire de la jeunesse là où les institutions peinent parfois à en anticiper les besoins". Sans compter le rôle qu’elles peuvent être amenées à jouer comme "levier de la participation et de l’engagement" d’une jeunesse dont le "désintérêt apparent (...) pour la politique et le vote n’est pas synonyme d’indifférence". Pour toutes ces raisons, soutenir la mission locale de sa commune "constitue un acte politique fort". La mission locale, conclut le plaidoyer, reste "l’un des modèles les plus aboutis de la décentralisation". Un modèle qui a fait ses preuves, défend l’UNML : "sur votre territoire, la mission locale est un allié stratégique" au bénéfice duquel l’implication des élus est un signe politique fort, "celui de croire en la jeunesse".
À l’occasion des discussions sur le budget des missions locales, le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, avait appelé en début d’année à "une démarche d’efficience" des missions locales, ajoutant se sentir comptable "du milliard d’euros que l’État me confie et que mon ministère alloue aux missions locales pour qu’elles fonctionnent et appliquent les politiques dédiées à la jeunesse". Il plaidait alors pour une diminution de l’ordre de 6% des crédits alloués aux missions locales, soit une baisse moitié moins élevée que celle envisagée dans le projet de budget initial. Il avait rappelé à cette occasion devant les parlementaires qu’en 2023, la contribution de l’État représentait 74% du financement des missions locales, enjoignant alors les collectivités locales à accroître leurs propres financements en la matière.