Le ministre de l'Éducation ne veut "pas rechanger toutes les règles" du lycée professionnel
Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a affirmé vendredi 7 novembre 2025 qu'il ne voulait "pas rechanger toutes les règles" du lycée professionnel pour la rentrée prochaine après une réforme critiquée prévoyant un parcours différencié en fin de terminale, qui a entraîné des aménagements cette année. "De manière générale, je pense qu'il faut laisser un tout petit peu le temps aux réformes de s'installer", a déclaré Édouard Geffray, à l'issue d'un déplacement dans un lycée professionnel parisien. "Si vous changez le mode d'emploi d'un système comme le nôtre tous les six mois ou tous les ans, au bout d'un an, vous finissez par créer de l'instabilité", a-t-il ajouté.
Par ailleurs, "sur le 'parcours en Y', la première année a révélé un enjeu qui est, si vous me permettez l'expression, l'évaporation des jeunes", a-t-il poursuivi. "Il y a très clairement quelque chose à travailler autour de ça", mais "ce n'est pas rechanger toutes les règles pour la rentrée prochaine. Ça, ce sera non".
En revanche, a-t-il dit, il faut "partager objectivement un constat", et "laisser les équipes aussi trouver les bons leviers localement par rapport à ce que sont leurs élèves".
Dans le cadre de la réforme du bac professionnel, voulue par Emmanuel Macron, le calendrier du bac professionnel avait été réorganisé pour l'année 2024-2025: chaque élève de terminale devait choisir un parcours sur six semaines à partir de la mi-mai, avec soit un stage en entreprise rémunéré, soit des cours pour poursuivre leurs études. En conséquence, les épreuves du bac avaient été avancées à la mi-mai. Mais ce "parcours en Y" avait été vivement critiqué par les syndicats, regrettant notamment un absentéisme accru du fait des épreuves avancées du bac. Face à ce "taux d'absentéisme très important", l'ex-ministre de l'Éducation Élisabeth Borne avait repoussé les épreuves du bac pro à début juin. Les principaux syndicats enseignants avaient cependant mené une journée de grève mi-octobre pour demander notamment "l'abrogation" de ce parcours en Y et "le rétablissement des examens de bac pro sur la seconde quinzaine de juin".
Concernant par ailleurs la réforme de la carte des formations amorcée depuis la rentrée 2023 par le ministère de l'Éducation pour les faire évoluer selon les débouchés de chaque bassin d'emploi, Édouard Geffray a souligné que c'était "à poursuivre, très clairement, sans non plus avoir besoin d'en bouleverser 50%".