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Emploi - Le Nord installe des plateformes pour favoriser le retour à l'emploi des allocataires du RSA

Le département du Nord vient d'inaugurer ses premières "plateformes de l'emploi et de l'insertion professionnelle", dans l'objectif de favoriser le retour à l'emploi des bénéficiaires du RSA.

Coup sur coup, le département du Nord a installé quatre plateformes pour l'emploi des allocataires RSA, à Lille Métropole, le 19 avril, Dunkerque, Hazebrouck le 20 avril et Tourcoing le 25 avril. Objectifs de ces plateformes de l'emploi et de l'insertion professionnelle : réunir en un seul lieu les acteurs locaux de l'économie, de l'emploi et de l'insertion, que sont le département, Pôle emploi, les chambres de commerce et d'industrie, le Medef, les chambres d'agriculture et des métiers, la CGPME, afin de mieux travailler ensemble autour des allocataires du RSA. "Ces plateformes ont été imaginées avant le protocole d'accord entre l'Assemblée des départements de France (ADF) et Pôle emploi sur l'accompagnement global des allocataires du RSA, explique-t-on à l'ADF, elles sont destinées à rapprocher les différents services et à traiter ensemble les problématiques des allocataires du RSA." De telles initiatives ont déjà été mises en place en Meurthe-et-Moselle. Au total, le département du Nord compte en installer huit : quatre autres sont ainsi prévues à Valenciennes, Cambrai, Douai et Avesnes-sur-Helpe. Leur inauguration devrait avoir lieu dans les prochains jours. L'enjeu est de taille pour le département. Au 31 juillet 2015, il recense 150.055 foyers allocataires dont 102.000 allocataires du RSA socle. "Les dépenses liées au paiement de l'allocation explosent et mettent aujourd'hui en péril l'équilibre budgétaire du département", signale ainsi la délibération qui a été signée par le département sur le sujet en décembre 2015.

Adapter le programme régional de formations

L'idée est de favoriser le retour à l'emploi des allocataires qui en sont le moins éloignés, soit 30% d'entre eux. Cela représenterait une économie de l'ordre de 200 millions d'euros pour le département. Pour ce faire, le conseil départemental présidé par Jean-René Lecerf veut saisir les opportunités d'emploi du territoire. La plateforme doit permettre de rapprocher les allocataires du RSA et les entreprises qui auraient des offres d'emploi à proposer, et de favoriser leur retour à l'emploi, par l'intermédiaire des formations notamment. "La plateforme permet de réunir dans un même lieu le monde de l'économie, le monde de l'insertion. Ensemble nous pouvons identifier les métiers en tension, détaille Olivier Henno, vice-président en charge de l'insertion au département du Nord, en tant que département, nous allons proposer des listes d'allocataires et si certains d'entre eux sont intéressés par un de ces métiers, nous pourrons leur proposer une formation financée par la région. Il s'agit de circuits courts de l'emploi pour les allocataires du RSA." La région est ainsi représentée dans les plateformes notamment pour sa compétence dans le domaine de la formation professionnelle. "Il y a un volet formation qui concerne les régions", détaille en effet l'ADF. Actuellement, une infime part des fonds destinés à la formation professionnelle est utilisée pour former les allocataires du RSA. Ainsi, d'après les informations communiquées dans la délibération du département du Nord, seuls 13% des allocataires du RSA au niveau régional accèdent à des actions de formation issues du programme régional des formations. "Il est nécessaire d'adapter les formations et de les localiser en fonction des besoins, les allocataires du RSA ayant souvent un problème de mobilité", explique Olivier Henno. La délibération du département précise ainsi qu' "une négociation avec la région devra donc être menée afin de réorienter et d'adapter le programme régional de formation aux personnes qui en ont le plus besoin, à savoir les demandeurs d'emploi et les allocataires du RSA".

91 départements engagés dans l'accompagnement global

Reste que ces plateformes n'ont pas vocation à être répliquées sur tout le territoire national. "Ce type de dispositif est très efficace dans certains endroits, comme dans les territoires ruraux ou dans le périurbain mais il est moins nécessaire dans d'autres, comme dans les grandes agglomérations", précise l'ADF, qui ne dispose pas de bilan sur ces plateformes. "Nous laissons aux départements le soin de s'organiser comme ils le souhaitent dans ce domaine." L'ADF se positionne de manière un peu différente pour l'accompagnement global, qu'elle aimerait voir monter en puissance. Ce dispositif, mis en place dans le cadre d'un protocole signé entre l'ADF, Pôle emploi et la Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) en avril 2014, prévoit une approche globale de l'accompagnement des demandeurs d'emploi en difficultés sociales, en faisant travailler en articulation les conseillers de Pôle emploi et les correspondants sociaux des départements.
A l'heure actuelle, 91 départements se sont lancés dans le dispositif. 35.000 demandeurs d'emploi sont concernés. "Le dispositif reste encore embryonnaire, l'objectif étant initialement de couvrir 100.000 demandeurs d'emploi", souligne l'ADF, mais "le mouvement est en train de prendre, et les résultats sont plutôt positifs".

 

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