L'Éducation nationale et le Medef renouvellent leur convention sur l'orientation et ciblent les publics vulnérables
Le ministère de l'Éducation nationale et le Medef ont signé leur troisième convention de coopération sur l'orientation et la formation professionnelle. Couvrant la période 2026-2029, elle va plus loin que les précédentes en ciblant particulièrement les publics vulnérables, à l'image des jeunes des cités éducatives.
© @EdouardGeffray/ Édouard Geffray et Patrick Martin
Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, et Patrick Martin, président du Mouvement des entreprises de France (Medef), ont signé une convention de coopération en matière d'orientation et de formation professionnelle le 14 avril 2026. Troisième du genre après celles de 2019 et 2021, elle vise à poursuivre "les efforts engagés en faveur du rapprochement école-entreprise de ces dernières années et doit permettre d'ancrer durablement ce lien dans les pratiques des entreprises et de la communauté éducative". Cette version 2026 entend particulièrement avoir, selon un communiqué du Medef, "une attention forte à l'égard des publics vulnérables". Le texte mentionne à ce propos les jeunes en situation de handicap et les jeunes issus des territoires prioritaires.
Mieux accueillir les stages de seconde
Dans son contenu, la convention s'articule autour de trois grands thèmes : permettre aux jeunes de découvrir davantage de métiers, accompagner l'évolution de l'offre de formation dans les territoires, et renforcer la relation école-entreprise au service de l'égalité des chances et de l'insertion professionnelle.
En ce qui concerne la découverte des métiers, on relève justement qu'une attention "toute particulière" sera portée par les entreprises membres du Medef aux élèves scolarisés en éducation prioritaire, en quartier prioritaire de la politique de la ville ou en territoires ruraux, éloignés ou de montagne. En outre, le Medef va développer un référentiel de compétences, en lien avec le ministère, pour "outiller" les jeunes lors des stages de seconde. Enfin, les deux institutions vont coopérer sur les évolutions et les innovations relatives au format du stage de seconde pour faciliter l'accueil en entreprise à un maximum de jeunes, notamment en promouvant l'utilisation par les entreprises de la plateforme "1 élève 1 stage". Instauré à la rentrée 2024 pour les élèves de seconde générale et technologique, le stage d'observation en entreprise de deux semaines a connu des débuts difficiles : selon le gouvernement, en 2024, seules 64.000 offres avaient été déposées sur la plateforme pour 560.000 élèves.
Une aide à l'orientation aux côtés des régions
De son côté, la "compétence à s'orienter" sera développée "avec les régions". Dans ce cadre, le Medef apportera "une aide à l'information, à l'orientation et à la construction du projet professionnel des élèves du collège et du lycée, dans le cadre dédié à l'accompagnement à l'orientation". À ce titre, il travaillera sur des "contenus pédagogiques ludiques pour promouvoir l'entreprise et ses métiers". Et pour assurer la promotion des femmes en poste ou en formation dans les filières sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (Stim), le Medef les incitera à intervenir dans les collèges et lycées et à faire découvrir leurs parcours et leurs métiers aux jeunes filles.
On note encore la volonté de faciliter les immersions des personnels de l'Éducation nationale au sein des entreprises, via, par exemple, des visites d'entreprises "privilégiant l'observation des métiers et des conditions de leur exercice".
Accompagner la transformation de la carte des formations
Autre sujet abordé par la convention : la transformation de la carte des formations professionnelles initiales, que le Medef entend "accompagner" dans une optique, notamment, de "réindustrialisation et de souveraineté de la France". "Concrètement, il s'agit de transformer les formations qui insèrent peu dans l'emploi, réduire le nombre de places dans certaines d'entre elles et ouvrir celles qui répondent aux besoins en compétence des entreprises."
Pour ce faire, le Medef et ses adhérents feront "remonter les besoins en emplois et en compétences afin d'alimenter le travail de transformation de la carte des formations sur les territoires". De leur côté, les délégations de région académique à la formation professionnelle initiale et continue veilleront à la consultation et à l'information des représentants des Medef régionaux lors du processus d'élaboration de la carte des formations.
Les entreprises officiellement intronisées au sein des cités éducatives
Au chapitre de la relation école-entreprise, le mentorat en lycée professionnel sera renforcé, tout comme seront renforcées les actions partenariales visant à prévenir le décrochage scolaire. Parmi celles-ci, il est notamment question de "mieux intégrer les entreprises aux dispositifs des cités éducatives". Créées en 2019 et implantées dans quelque deux cents quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), ces dernières visent à intensifier les prises en charge éducative des enfants et des jeunes, de la naissance à l'insertion professionnelle. Elles s'appuient sur le renforcement de la communauté éducative (acteurs institutionnels et associatifs, professionnels de l'éducation et parents) et sont pilotées localement par les services de l'État et les collectivités locales. Si les entreprises ne faisaient pas partie des acteurs visés dans leur mise en place, certaines ont néanmoins déjà pu apporter leur contribution au fonctionnement d'une cité éducative, notamment sous forme de mentorat ou de soutien à l'insertion professionnelle. En officialisant leur présence, la convention va les rendre plus légitimes à intervenir.
Toutes les orientations de la convention ont vocation à être déclinées aux échelles régionales et locales, comme c'était déjà le cas pour les deux conventions précédentes, à travers des rapprochements entre les services académiques et les cent dix-neuf organisations territoriales du Medef. Le texte de la convention précise que les actions prévues seront mises en œuvre "dans le respect des compétences et des contextes territoriaux". Et si la compétence des conseils régionaux en matière d'orientation n'est pas explicitement mentionnée, il est précisé que "la mise en place d'actions partenariales entre les établissements et les représentants des acteurs économiques sera, le cas échéant, concertée [sic] avec les collectivités locales, les représentants des parents d'élèves et le tissu associatif".