Les associations employeuses s'enfoncent dans la crise

Selon le dernier baromètre d'Hexopée, la crise financière s'aggrave parmi les associations employeuses. La moitié des structures étaient en déficit en 2025, entraînant licenciements et baisse d'activités.

La crise du secteur associatif s'aggrave et menace son avenir, alerte Hexopée, organisation professionnelle représentative des domaines de l'animation, du sport, du tourisme social et familial et de l'habitat et du logement accompagnés, dans son dernier baromètre. Réalisé, en partenariat avec Recherches & Solidarités entre novembre 2025 et janvier 2026 auprès de 1.393 adhérents employeurs, cette sixième édition met en lumière les difficultés financières, humaines et structurelles "sans précédent" auxquelles sont confrontées les associations.

Des ressources inférieures aux prévisions

Au niveau financier, près de la moitié des structures (48%) présentent un déficit, "acceptable" pour 33% d'entre elles, plus critique pour 15%, tandis que 3% envisagent un dépôt de bilan à court ou moyen terme. Pour expliquer cette situation, le baromètre pointe les 31% de structures dont les ressources ont été "nettement inférieures aux prévisions" en 2025, soit dix points de plus qu'en 2023. Par ailleurs, 31% disposent de moins de trois mois de trésorerie, voire d'aucune réserve. Pour Hexopée, il s'agit là d'"un niveau critique qui limite leur capacité à absorber les chocs économiques et à investir". D'ailleurs, 15% des associations répondantes ont renoncé à des investissements "essentiels" l'an passé.

Côté humain, 28% des structures ont réduit leur masse salariale en 2025, contre 20% lors de l'année précédente. Parmi les associations concernées par ces réductions, 57% n'ont pas remplacé des départs définitifs (retraites, démissions, fins de contrat) et 19% ont été contraintes à des licenciements économiques. Plus largement, le manque de moyens financiers pour maintenir les effectifs est cité par 49% des associations comme principale difficulté en matière d'emploi, devant les difficultés de recrutement sur certains profils (39%), ces dernières concernant très majoritairement les postes d'animateurs (59% des réponses) en raison de leur manque d'attractivité. 

Pour une sanctuarisation des financements publics

L'ensemble de ces données se répercute finalement sur l'activité des associations et le nombre d'adhérents. Ainsi, seules 41% des structures ont maintenu en 2025 leurs activités "sans grand changement", alors qu'elles étaient encore 58% dans ce cas il y a deux ans. Quant à celles qui ont réduit ou suspendu des activités, elles étaient 16% l'an passé, contre seulement 2% en 2023. Côté adhérents, la situation s'est également dégradée : en 2025, seules 28% des structures ont enregistré une hausse, contre 31% en 2024 et 44% en 2023. Et 20% ont connu une baisse, contre 18% en 2024 et 13% en 2023. In fine, seuls 17% des dirigeants se déclarent optimistes pour l'avenir de leur structure. 

Après avoir déploré un "recul des soutiens publics constant depuis 2022, contraignant les associations à puiser dans leurs fonds propres ou à augmenter leurs tarifs, au risque d'exclure les publics les plus précaires", Hexopée en appelle à une "sanctuarisation des financements publics, nationaux comme locaux, indexé sur l'inflation et les besoins réels des structures", et à un soutien spécifique à l'emploi associatif, pour rendre plus compétitif l'emploi associatif, en particulier par une refonte en profondeur de la taxe sur les salaires. 

 

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