Les interventions pour factures d'énergie impayées en baisse en 2025 mais toujours élevées

Avec 1,2 million d'interventions l'an dernier chez les particuliers, les limitations de puissance en électricité ou les coupures d'électricité ou de gaz naturel décidées en raison de factures impayées a baissé de 3,7%, a annoncé ce 3 mars le médiateur national de l'énergie.

"En 2025, 1,2 million d'interventions pour impayés ont été mises en oeuvre à la demande des fournisseurs de gaz et d'électricité" en raison de factures non honorées par les particuliers, soit une baisse de 3,7% par rapport à 2024, a annoncé le médiateur national de l'énergie ce 3 mars. L'autorité publique indépendante, qui a pour mission d'informer les consommateurs et de proposer des solutions amiables aux litiges avec les entreprises du secteur, entend par "interventions" des limitations de puissance en électricité, des coupures d'électricité ou d'approvisionnement en gaz.

Les réductions de puissance plutôt que les coupures d'électricité

Alors que les coupures de gaz ont augmenté de près de 4%, les coupures d'électricité ont baissé de 30% - de 203.767 en 2024 à 143.625 en 2025. À l’inverse, les limitations de puissance en électricité ont légèrement augmenté pour atteindre 948.000 en 2025 contre 937.000 en 2024. Le médiateur Bernard Doroszczuk se réjouit du fait que "les fournisseurs d'électricité ont été plus enclins à satisfaire" sa demande et celle de "nombreuses associations" de "ne plus couper l'électricité chez leurs clients". Plus "simple à mettre en oeuvre car téléopérée" à distance, la réduction de puissance est en effet jugée "plus supportable pour les foyers" que la stricte coupure de courant.

Par rapport à 2019, dernière année avant la crise du Covid-19, les coupures d'énergie ont augmenté de 79%. Après la pandémie, la reprise de l'activité économique puis le déclenchement de la guerre en Ukraine avaient entraîné un bond des coûts énergétiques dans le monde, et dans une moindre mesure en France, grâce au mécanisme de "bouclier tarifaire". Les réductions de puissance ont, elles, été multipliées par 3,5 depuis 2019 tandis que les coupures d'électricité ont baissé de 48,7%.

Demande d'interdiction totale des coupures

Face à "l'augmentation continue de la précarité énergétique, le médiateur réitère sa demande d’interdiction totale des coupures d’électricité pour impayés, quelle que soit la période de l’année, avec la garantie d’un niveau minimal de fourniture pour tous". En octobre dernier, il avait publié un baromètre selon lequel plus du tiers des foyers français (36%) déclaraient avoir peiné à payer certaines factures de gaz ou d'électricité ces douze derniers mois, un taux inédit, sur fond de hausse des prix de l'énergie. Ces difficultés de paiement concernaient 28% des foyers en 2024 et 18% en 2020. 35% des foyers déclaraient en outre avoir souffert du froid dans leur logement, un chiffre en hausse continue – ils étaient 30% en 2024 et 14% en 2020.

"Réautomatiser" l'attribution du chèque énergie

Le médiateur appelle aussi à "réautomatiser l’attribution du chèque énergie dès 2027", la campagne 2025 ayant selon lui "mis en évidence les limites du dispositif d’attribution semi-automatique" instauré à la suite de la suppression de la taxe d’habitation. Alors que 5,6 millions de ménages avaient reçu un chèque énergie en 2024, seuls 3,8 millions de bénéficiaires en ont été destinataires sans effectuer de démarches pour le demander en novembre 2025, souligne-t-il. Il préconise ainsi que "le chèque énergie soit attribué à l'ensemble des ménages à partir d'un seul critère, à savoir le revenu fiscal de référence, rapporté au nombre d'unités de consommation, inférieur à un seuil déterminé". Ce retour à un mécanisme automatique, proche de celui existant avant la suppression de la taxe d'habitation, permettrait selon lui de "sécuriser le versement pour l’ensemble des ménages éligibles, sans dépendre de démarches individuelles ou de la qualité des bases de données utilisées".

 

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