Social - Les maires européens se penchent sur la question des Roms

Un sommet des maires européens se tiendra le 22 septembre à Strasbourg pour débattre de la question de l'intégration des Roms, dont la population est estimée entre 10 et 12 millions en Europe. "Le but est de rassembler les élus locaux et régionaux et les représentants des Roms avec des organisations qui travaillent dans ce champ là pour améliorer l'inclusion des Roms et des gens du voyage, réduire les malentendus et les préjugés", explique à Localtis Andreas Kiefer, le secrétaire général du congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe, organisateur du sommet.
Environ 300 personnes dont de nombreux élus sont attendus pour examiner les actions qu'ils peuvent mener sur le terrain. "La discrimination croissante à l'encontre des Roms en Europe et la persistance de leur marginalisation économique et sociale sont préoccupantes", estiment les organisateurs. Le sommet s'inscrit ainsi dans la déclaration de Strasbourg sur les Roms du 20 octobre 2010. Mais la vive polémique suscitée par l'évacuation des camps illicites de Roms en France à l'été 2010 n'y est pas étrangère non plus.
Plusieurs aspects seront soulevés : l'accès au logement et aux soins, le niveau de scolarisation et l'emploi. Des domaines dans lesquels les écarts avec le reste de la population européenne sont criants. Selon une étude de la Commission européenne, 42% des enfants roms arrivent au bout de l'enseignement primaire contre 97,5% en moyenne dans l'Union européenne. Et seulement 1% des Roms fréquentent l'enseignement secondaire. Afin de réduire ces écarts, la Commission européenne a demandé à chaque Etat membre d'élaborer une stratégie nationale d'intégration d'ici la fin de l'année. Un processus dans lequel les collectivités ont été apparemment diversement impliquées. "Il y a des consultations en France, mais on a une mentalité encore assez centralisée, alors que d'autres pays, notamment les pays fédéraux et les pays scandinaves, ont une approche partenariale assez transversale", constate Andreas Kiefer. Or, pour le Conseil de l'Europe, "les collectivités locales et régionales sont plus proches des citoyens, c'est donc sur le terrain que doivent être prises des mesures concrètes et c'est là aussi qu'elles seront les plus effectives". D'où l'intérêt de ce sommet d' "échanger les bonnes pratiques". A terme, l'objectif est de créer un réseau paneuropéen de coopération entre élus et associations, avec un site internet.
Si le responsable du Conseil de l'Europe ne souhaite pas commenter les dernières déclarations du ministre de l'Intérieur français sur le rapatriement des mineurs délinquants (rapatriement qui fait l'objet d'un accord de coopération avec la Roumanie depuis 2007), il n'élude pas entièrement la question de la sécurité. "Si c'est un problème, on va voir le message que nous transmettront les participants, cette conférence doit aussi pouvoir nous donner ce type d'informations, je ne confirme ni n'infirme ce qui peut être dit", déclare Andreas Kiefer. Selon Claude Guéant, la délinquance d'origine "roumaine" à Paris a augmenté de 90% lors des sept premiers mois de l'année.

 

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