Les travaux de la Fondation sur le patrimoine non protégé engendrent 1,2 milliard de retombées économiques

La Fondation du patrimoine publie les résultats d'une étude sur ''l'empreinte économique" de son activité en faveur du patrimoine non protégé. L'étude mesure les retombées ponctuelles comme durables. 1 euro apporté par la Fondation engendrerait 21,17 euros de retombées économiques. Depuis sa création, l'organisme aurait contribué à la sauvegarde de plus de 35.000 édifices en péril. La Fondation vient par ailleurs de distinguer cinq projets pour leur "impact" (social, environnemental...).

A l'occasion de son 25e anniversaire, la Fondation du patrimoine publie les résultats d'une étude commandée au cabinet Pluricité et portant sur ''l'empreinte économique de la Fondation du patrimoine". Celle-ci comporte deux volets : d'une part, une évaluation macro-économique de l'activité et des emplois créés, à partir de l'analyse de 2.500 projets accompagnés par la Fondation (hors cas particulier de Notre-Dame-de-Paris) ; d'autre part, une analyse des dynamiques sociétales, au travers de 7 monographies et 300 entretiens. L'étude porte sur l'année 2019 et sur le patrimoine non protégé, cœur de cible de la Fondation. Elle met en évidence l'impact économique, sur tout le territoire, des travaux soutenus par cette dernière.

Un soutien apporté sur un an à 15.370 emplois

En termes de périmètre, l'étude porte à la fois sur les projets lancés et achevés en 2019, sur ceux lancés antérieurement et achevés en 2019 et sur ceux lancés en 2019 et qui s'achèveront ultérieurement. Elle mesure à la fois les retombées ponctuelles (pendant la durée des travaux) et les retombées durables (se reproduisant chaque année). L'étude évalue ainsi à 1,157 milliard d'euros les retombées économiques des projets menés par la Fondation du patrimoine en 2019. Ce montant se répartit en trois masses distinctes : 321,2 millions pour les retombées économiques directes (montant des travaux réalisés dans le cadre des projets soutenus par la Fondation), 190,3 millions pour les retombées indirectes (dépenses indirectes d'achats de biens, de services ou de matériels par les entreprises ou par la Fondation) et 646,3 millions de retombées économiques induites : salaires versés par les entreprises, revenus générés par l'exploitation des sites... Ce poids économique de 1,157 milliard correspond à 539,4 millions d'impacts ponctuels (répartis sur la durée des travaux) et 618,3 millions d'impacts durables (renouvelés chaque année).
En matière d'emploi, l'étude montre que la Fondation du patrimoine a contribué, en 2019, à soutenir (création ou maintien) 15.370 emplois en équivalent temps plein (ETP). Ceux-ci se répartissent en 5.120 emplois ETP directs (au sein des entreprises réalisant les travaux et de la Fondation), 2.037 emplois ETP indirects (fournisseurs, sous-traitants et prestataires des entreprises de travaux) et 8.213 emplois ETP induits (via les salaires versés et les revenus générés par l'exploitation des sites et les dépenses des visiteurs). Autre précision importante : sur ces 15.370 emplois ETP, 8.556 ont un impact ponctuel (pendant la durée des travaux), tandis que 6.814 ont un impact durable (emplois pérennes).
Au final, l'étude met en évidence le coefficient multiplicateur de l'intervention de la Fondation du patrimoine. Ainsi, 1 euro apporté par la Fondation engendre 21,17 euros de retombées économiques.

Un budget doublé en cinq ans

Dans une interview à l'AFP à l'occasion du 25e anniversaire, Guillaume Poitrinal, le président de la Fondation du patrimoine, apporte plusieurs autres précisions. Depuis sa création, l'organisme aurait contribué à la sauvegarde de plus de 35.000 édifices en péril. Ses ressources ont augmenté ces dernières années : "D'un budget de 40 millions d'euros il y a cinq ans, nous sommes passés à 70 millions en 2020 et espérons atteindre les 80 millions en 2021, même si c'est insuffisant au regard de la tâche à accomplir". Au passage, le président de la Fondation ne manque pas de rappeler que son équivalent anglais – le National Trust for places of historic interest or natural beauty – dispose d'un budget de 300 millions d'euros. 
La Fondation reçoit "les appels au secours des petites communes, des associations ou des particuliers, soucieux de sauver leur patrimoine local". Ce dernier concentre à lui seul "80% de l'activité de la Fondation", financée essentiellement par le mécénat et la collecte de dons. Selon une enquête publiée pour l'occasion, 86% des Français se disent "attachés à ce patrimoine". Près du tiers d'entre eux (31%) ont déjà fait un don, tandis que 74% disent visiter chaque année des sites ou monuments historiques. La tâche de préservation de ce patrimoine est d'autant plus importante qu'un quart des bâtiments historiques français sont en mauvais état. 

  • Cinq projets exemplaires distingués

Toujours à l'occasion de son 25e anniversaire, et en lien avec l'étude présentée ci-dessus, la Fondation du patrimoine a distingué, pour la seconde année consécutive et au titre de son "Fonds impact", cinq projets "choisis pour leur impact socio-économique ou environnemental, leur qualité et leur exemplarité". Ces cinq projets ont également pour point commun de mettre en évidence que le patrimoine n'est pas un élément figé, mais participe au contraire au dynamisme des territoires et au lien social. Ont ainsi été distingués :
• Impact économique : le manoir Saint-Hippolyte-du Bout-des-Prés (Calvados), dont la restauration permettra le maintien des activités, sur le territoire, de la coopérative agricole valorisant la vache normande qui y est élevée, ainsi que l'hébergement de son siège social (300.000 euros).
• Impact social : le château de Ginestous à Toulouse (Haute-Garonne), où l'association Emmaüs pourra héberger plus de 35 personnes en difficulté qui se réinsèreront dans la vie sociale par leurs activités sur le site (300.000 euros).
• Impact environnemental : le futur rucher de l'ancien sémaphore de l'île de Groix (Morbihan), qui permettra de préserver l'espèce des abeilles noires en voie d'extinction (130.000 euros).
• Impact sécurité : l'église de Lamazière-Basse (Corrèze), qui pourra être rouverte au public après plus de six ans de fermeture (170.000 euros).
• Coup de cœur de la Fondation : la salle du Jeu de Paume à Chinon (Indre-et-Loire), site rare datant de la Renaissance. Sa réhabilitation permettra d'organiser des tournois nationaux et internationaux de ce sport à redécouvrir, ainsi que des manifestations culturelles (400.000 euros).

 

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