Les villages de vacances vont devoir passer au vert foncé
Un arrêté du ministre du Tourisme modifie en profondeur le classement des villages de vacances. Le nombre de critères en matière de développement durable augmente considérablement et plusieurs d'entre eux sont désormais obligatoires... et placés sous la vigilance des clients.
© Jpbazard Jean-Pierre Bazard CC BY-SA 3.0
Deux textes parus au Journal officiel du 24 mai procèdent à une large refonte des normes et de la procédure de classement des villages de vacances. Le plus conséquent est l'arrêté du 22 mai signé Serge Papin, ministre du Tourisme, homologuant les tableaux de classement des villages de vacances, autrement dit, leurs critères.
Ces critères, qui abrogent ceux contenus dans l'arrêté du 6 juillet 2010, portent toujours sur trois grands domaines : équipements, services au client, accessibilité et développement durable. Dans cette nouvelle version, le chapitre concernant l'accessibilité et le développement durable a été particulièrement enrichi par rapport à la version de 2010. Si le précédent tableau comptait vingt-quatre critères sous ce thème, il en compte désormais le double.
En matière d'accessibilité, les critères changent peu mais on note désormais une obligation de formation du personnel à l'accueil des clients en situation de handicap, qui n'était que facultative jusqu'alors.
Réductions d'énergie, d'eau et de déchets obligatoires
Les changements les plus nombreux et les plus notables portent sur l'environnement et le développement durable. De quatorze critères, on passe à trente-neuf, et selon un découpage entièrement nouveau, qui comprend désormais seize sous-rubriques, parmi lesquelles l'économie et la gestion de l'énergie, l'éclairage, la climatisation, la réduction de consommation d'eau, y compris pour les sanitaires et le linge, le recyclage des eaux de pluie et grises, la réduction des déchets, le tri et le recyclage, les produits d'entretien, la formation du personnel, l'information des clients ou la restauration.
Parmi ces trente-neuf critères liés à l'environnement et au développement durable, vingt-deux peuvent désormais être obligatoires – contre seulement trois dans la version de 2010. C'est notamment le cas de la mise en œuvre d'au moins trois mesures de réduction de consommation d'énergie, trois mesures de réduction de consommation d'eau et deux mesures de réduction des déchets, de l'utilisation d'au moins un produit d'entretien porteur d'un label écologique pour les logements et espaces communs, de l'utilisation régulière d'au moins cinq produits de saison en restauration, ou encore de la prise en compte des enjeux du développement durable dans l'organisation des activités et animations. En outre, selon le classement recherché par chaque établissement – de une à cinq étoiles –, un critère facultatif peut parfois devenir obligatoire.
Gare aux réclamations des clients !
Quant au second texte, le décret n°026-402 du 22 mai 2026, il introduit pour les villages de vacances le dispositif de réclamation des clients déjà mis en place pour les hôtels, en 2016, et les campings et parcs résidentiels de loisirs, en 2019. Cette mesure fait par ailleurs écho au I de l'article 5 de l'arrêté du 22 mai, lequel dispose qu'Atout France "examine toute réclamation reçue faisant apparaître, au vu d'un faisceau d'indices, un écart de conformité réel et sérieux par rapport à la décision de classement d'un village de vacances". En d'autres termes, la décision de classement peut être abrogée ou modifiée si, au terme d'une procédure contradictoire lancée par Atout France à la suite d'une réclamation, l'exploitant n'établit pas la conformité au tableau de classement sur un ou plusieurs critères au regard desquels son classement a été prononcé. Dans les faits, un client pourra donc faire tomber un classement en déclarant, par exemple, le manque d'un système de tri sélectif, et si ce manque n'est pas comblé. Atout France, qui a déjà édité une fiche "réclamation-client" pour le secteur hôtelier, devrait faire de même prochainement pour les villages de vacances.
Ces nouvelles normes et cette nouvelle procédure entreront en vigueur le 1er juillet 2026. La France compte environ 920 villages de vacances, dont près de la moitié dépend du secteur social. Ils totalisent une capacité de quelque 250.000 lits, soit environ 10% de l'offre d'hébergement touristique professionnel hors campings et meublés, et bénéficient à 5,5 millions de clients par an.