Logement : permis de construire et mises en chantier ont bien résisté en 2019

449.400 logements ont été autorisés l'an dernier à la construction (-2,3% par rapport à 2018) et 410.300 logements ont été mis en chantier (-1,0%).  Une nette amélioration si l'on compare avec l'année 2018 où le recul enregistré était respectivement de -7,1% et de -7,0%.  C'est ce que révèlent les chiffres de la construction de logements au 30 décembre 2019 (permis de construire et mises en chantier) publiés par les ministères de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, avec des disparités dans les offres (logements collectifs et logements individuels) et les régions.  

Le ministère de la Transition écologique et solidaire et celui de la Cohésion des territoires publient les chiffres de la construction de logements au 30 décembre 2019 (permis de construire et mises en chantier). Portant sur le dernier trimestre de l'année, ces résultats – le plus souvent en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables (CVS-CJO) – sont aussi l'occasion d'un premier bilan de la construction de logements au cours de l'ensemble de l'année 2019.

Comme Localtis le laissait entendre (voir nos articles ci-dessous), ces chiffres confirment que la construction de logements a plutôt bien résisté l'an dernier. Le "choc de l'offre" attendu de la loi Elan du 23 novembre 2018 (évolution du logement, de l'aménagement et du numérique) et des mesures de simplification ne s'est certes pas encore manifesté, mais l'effondrement de la construction redouté par certains ne s'est pas non plus produit. Au final, 449.400 logements ont été autorisés l'an dernier à la construction (-2,3% par rapport à 2018) et 410.300 logements ont été mis en chantier (-1,0%). Pour mémoire, le recul enregistré en 2018 était de -7,1% sur les permis de construire et de -7,0% sur les mises en chantier (voir notre article ci-dessous du 29 janvier 2019).

Un fort rebond des autorisations de construction au 4e trimestre

Les autorisations de constructions (permis de construire) ont connu un très fort rebond au dernier trimestre 2019, avec une croissance de 12,3% par rapport au trois mois précédents, qui avaient vu au contraire un recul de -5,8%. Le rebond du dernier trimestre est particulièrement marqué pour les logements collectifs ou en résidence (+19% après -12,6% au trimestre précédent), mais plus modeste sur les logements individuels (+3,8%). Ce fort rebond devrait se traduire par une intensification des mises en chantier au second semestre 2020 (le délai moyen de lancement des travaux étant de 6,1 mois dans l'individuel et de 11,2 mois dans le collectif).

L'évolution est inverse, mais de façon moins prononcée, pour les mises en chantier du dernier trimestre 2019. Le nombre de logements commencés recule ainsi de 2,5%, après avoir augmenté de 3,1% au trimestre précédent. Contrairement au cas des autorisations de constructions, les différences sont en revanche faibles entre les logements collectifs (-3,3% au dernier trimestre) et les logements individuels (-1,2%).

En données brutes sur l'ensemble de l'année 2019, les autorisations de logements ont baissé de 10.500 unités pour atteindre un total de 449.400 (-2,3%), tandis que les mises en chantier reculaient de 4.100 unités, pour terminer à 410.300 logements (-1,0%). Autant de chiffres qui permettent à Julien Denormandie, dans un communiqué du 28 janvier, de faire état d'"une stabilisation sur l'année 2019" et, évoquant les chiffres du dernier trimestre, d'indiquer que "le ministère reste pleinement mobilisé pour consolider cette reprise".

Les gagnants de 2019 : le logement individuel et la région Centre-Val de Loire

Si l'on considère les types d'habitat, les logements individuels sortent gagnants en 2019, avec une hausse de 2,4% des autorisations de constructions (grâce à un +4,6% dans l'individuel pur, qui compense un recul de 3,4% dans les logements individuels groupés) et une quasi stabilité des mises en chantier (-0,3%). Dans le collectif en revanche, les autorisations de logements ont diminué de 5,3% l'an dernier, tandis que les mises en chantier de logements collectifs ou en résidence reculaient de 1,4%.

En termes géographiques, trois régions ont connu l'an dernier une nette baisse des autorisations de logements par rapport à 2018 (données brutes) : la Corse (-19,5%), les Hauts-de-France (-14,6%) et l'Ile-de-France (-10,3%). Cinq régions affichent au contraire une hausse des autorisations : Centre-Val de Loire (+11,4%), Pays de la Loire (+7,8%), Auvergne-Rhône-Alpes (+5%), Nouvelle-Aquitaine (+1%) et Paca (+1%). Les autres régions métropolitaines et les Drom se situent entre et -4,2% et -0,6%.

La situation est différente pour les mises en chantier. Deux régions affichent une forte progression (+19,5% pour la Corse et +17,7% pour le Centre-Val de Loire), tandis que cinq autres affichent une hausse plus modérée ou une stabilité : Pays de la Loire (+5,2%), les Drom (+4,9%), Nouvelle-Aquitaine (+3,3%) Normandie (+1,5%) et les Hauts-de-France (0%). A l'inverse, les autres régions affichent des baisses de leurs mises en chantier, allant de -0,4% (Auvergne-Rhône-Alpes) à -7% (Paca), l'Ile-de-France se situant à -2,7%.

 

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