Logement / Social - L'Uniopss fait huit propositions pour améliorer le logement des jeunes en difficulté

L'Uniopss (Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux) - qui regroupe 25.000 établissements et services du monde de la solidarité employant environ 750.000 salariés - prend position sur la question de l'accès au logement des jeunes en difficulté. L'expression recouvre plus particulièrement les jeunes sortant des dispositifs de l'aide sociale à l'enfance (ASE) ou de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), au moment de leur majorité ou de la fin de leur contrat jeune majeur (21 ans au plus tard). Selon l'Uniopss, ces publics "rencontrent souvent des difficultés accrues d'accès à l'hébergement ou au logement : absence de ressources liées à des critères d'âge pour pouvoir bénéficier de minima sociaux, multiplicité d'acteurs compétents et de financeurs potentiels peu coordonnés entre eux".

Mieux identifier les besoins et organiser une concertation entre les acteurs

Plutôt qu'un long rapport, la fédération a choisi de publier un document très bref - quatre pages - regroupant seulement huit propositions. On peut toutefois regretter - comme souvent dans ce genre d'exercice - l'absence de toute esquisse de chiffrage des mesures préconisées. La première d'entre elles consiste à mieux identifier les besoins de logement de cette population, par exemple en intégrant cette dimension dans le PDAHLPD (plan départemental d'accueil, d'hébergement et de logement des personnes défavorisées). De même, l'Uniopss recommande de développer l'offre de logements adaptés. Ceci peut se faire par plusieurs biais : réservations dans le cadre du PDAHLPD ou d'Action logement, inclusion des logements en intermédiation locative dans le décompte des 25% de logements sociaux prévus par la loi SRU, augmentation du nombre de "super PLAI" (prêts locatifs aidés d'intégration)...
La troisième proposition consiste en une meilleure information des professionnels de l'enfance sur les solutions d'hébergement et de logement à destination de ces jeunes. Dans le même esprit, cette proposition pourrait se doubler de la mise sur pied d'une concertation entre les acteurs de l'enfance, du logement et de l'hébergement pour les jeunes en difficulté.

Accès aux droits et accompagnement social

La cinquième mesure passe par l'amélioration de l'accès aux droits, notamment à travers la procédure de la domiciliation, préalable à toute démarche d'accès aux droits. La sixième proposition consiste à "sécuriser juridiquement l'insertion dans le logement, pour les jeunes et les associations". Pour cela, l'Uniopss préconise en particulier de développer les partenariats autour du projet d'intermédiation locative, entre les acteurs de la protection de l'enfance et de la jeunesse et ceux de l'insertion dans le logement.
L'Uniopss préconise également de prévoir - et de financer - le maintien de l'accompagnement social dans le logement, avec notamment une évaluation obligatoire de l'autonomie du jeune - financée par le département ou par la Protection judiciaire de la Jeunesse - six mois avant la fin de la prise en charge. Cette évaluation pourrait déboucher sur la mise en place d'un "projet pour le jeune". Enfin, la huitième proposition prévoit de lutter contre l'isolement du jeune dans le logement, à travers des mesures comme le développement des parrainages entre bénévoles et jeunes en difficulté ou la mise en place d'un accompagnement adapté dans le cadre de logements diffus, autonomes, voire "chez l'habitant". 

 

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