Culture - Ménage à quatre pour la future Cité de la gastronomie

Il y a deux ans, le "repas gastronomique des Français" était inscrit sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité, à ne pas confondre avec la liste du patrimoine de l'humanité (voir notre article ci-contre du 17 novembre 2010). La Mission française du patrimoine et des cultures alimentaires (MFPCA) - qui avait porté la candidature française - a tout naturellement été désignée comme "l'organisme spécifique et fédérateur de veille et de suivi des mesures de sauvegarde". De là est né le projet de la Cité de la gastronomie (voir nos articles ci-contre). Cette création devrait être la mesure phare du plan de gestion de l'inscription. Après avoir été six au départ, cinq villes restaient en lice pour accueillir la cité, après le retrait de Versailles : Beaune, Dijon, Lyon, Paris-Rungis et Tours.
Dans son rapport sur ces candidatures, remis le 11 janvier aux trois ministres concernés (Agriculture, Culture et Agroalimentaire), la MFPCA a finalement choisi... de ne pas trancher. La mission préconise "l'instauration d'un dispositif original et fédérateur, un réseau de cités de la gastronomie, dont le socle serait constitué par les projets de Tours, Paris-Rungis et Dijon". Mais le rapport estime aussi que "Lyon ne doit pas être exclu du schéma proposé". Seul le projet de Beaune, jugé "très difficilement réalisable", est écarté. Dans ce ménage à quatre, on voit toutefois assez mal comment pourra être assurée la visibilité d'un outil supposé devenir "un extraordinaire pôle culturel de développement économique et touristique".
Les ministres concernés ont donné trois mois supplémentaires aux villes toujours en lice pour apporter des éléments complémentaires, en particulier dans la perspective d'un réseau. Tours s'est déjà proposée de devenir le "lieu de pilotage" de ce réseau. Dijon parle de "bonne nouvelle pour (la) ville, son attractivité, son développement touristique et économique", selon le sénateur-maire François Rebsamen. Plusieurs élus du Val-de-Marne, département où se situe le projet Paris-Rungis, ont également montré leur satisfaction. En revanche, Lyon fait grise mine. L'adjoint au maire Jean-Michel Daclin dénonce même des "manoeuvres de guerre picrocholine" de la part de la mission.
Les ministres prendront leur décision définitive à la fin du mois d'avril et pourront alors soit suivre la recommandation de la MFPCA, soit choisir une solution plus resserrée. Si la désignation du lieu d'accueil constitue une étape importante dans l'avancée du dossier, le contenu du projet reste toutefois encore à préciser, de même que son financement. L'une des raisons avancées par la ville de Versailles pour expliquer son retrait tenait d'ailleurs précisément à l'absence d'engagement financier de l'Etat sur l'investissement et le fonctionnement de la structure.

 

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