Métiers de l'autonomie : un point un an après le plan et création de 20 plateformes

Elisabeth Borne et Brigitte Bourguignon ont présenté un bilan d'étape sur la mise en œuvre du plan d'action pour les métiers du grand âge et de l'autonomie : rémunération, recrutement, formation, qualité de vie au travail... La CNSA a de son côté annoncé une enveloppe de 13 millions d'euros pour soutenir la mise en place de 20 plateformes des métiers de l'autonomie.

Elisabeth Borne, la ministre du Travail, et Brigitte Bourguignon, la ministre déléguée chargée de l'Autonomie, ont présenté un bilan d'étape sur la mise en œuvre du plan d'action pour les métiers du grand âge et de l'autonomie. C'est le second point partiel après celui présenté par Brigitte Bourguignon en février dernier (voir notre article du 3 février 2021). Mais il est vrai que le dossier est d'importance. Si la démarche a été lancée par les rapports de Dominique Libault et Myriam El Khomri en 2019, la crise sanitaire et surtout le Ségur de la santé ont servi de puissants accélérateurs, permettant ainsi aux deux ministres de titrer leur présentation "Un an d'avancées majeures pour les professionnels".

Une revalorisation salariale en Ehpad et pour l'aide à domicile

Le bilan d'étape passe successivement en revue les quatre grands axes du plan. Le premier d'entre eux concerne la rémunération des professionnels et l'organisation du secteur. Sur ce point, le bilan fait notamment état de la "prime Covid" de 1.000 ou 1.500 euros (selon les départements), qui a bénéficié aux salariés des Ehpad et à 188.000 salariés des Saad (services d'aide et d'accompagnement à domicile), en première ligne auprès des personnes âgées à domicile durant la crise sanitaire. Il fait surtout état de la revalorisation salariale des accords du Ségur de la santé et de ses prolongements.
L'agrément des avenants 43 et 44 de la convention de la BAD (branche de l'aide à domicile) permet en effet à près de 209.000 salariés de Saad et de Ssiad (services de soins infirmiers à domicile) de bénéficier, depuis ce mois d'octobre d'une revalorisation salariale de 13 à 15% en moyenne. Le coût est partagé avec les départements, qui bénéficient d'une aide de l'Etat de 150 millions d'euros en 2021, puis  200 millions par an ensuite. Cette revalorisation fait écho à celle de 183 euros nets par mois accordée par le Ségur de la santé aux professionnels des Ehpad et des Ssiad. 

Remédier aux difficultés de recrutement

Le second axe du plan entend répondre aux problèmes lancinants et récurrents de recrutement du secteur, même si la revalorisation salariale devrait elle aussi contribuer à améliorer son attractivité. Les efforts en la matière se sont traduits notamment par la mise en place d'un "partenariat intégré, national et territorial" entre les ARS et le service public de l'emploi (Pôle emploi et missions locales). Selon le bilan, ce partenariat a permis de recruter près de 38.000 personnes en Ehpad et 91.000 dans l'aide à domicile. D'autres mesures plus spécifiques ont également été mises en œuvre durant la pandémie de Covid-19, comme la mobilisation de la réserve sanitaire, celle du service sanitaire des étudiants en santé et des jeunes en service civique, ou encore les forfaits incitatifs pour l'intervention des médecins et infirmiers libéraux en Ehpad.
De façon plus durable, le plan prévoit aussi de développer les dispositifs d'accompagnement dans l'emploi et la montée en compétences. Ce mois d'octobre, l'Etat et cinq branches professionnelles ont ainsi signé un engagement de développement de l'emploi et des compétences (Edec) des métiers du grand âge et de l'autonomie. Il est également prévu d'accompagner 20 plateformes départementales des métiers du grand âge (voir ci-dessous), ainsi que d'autres mesures comme l'exonération de TVA pour développer les groupements d'employeurs. 

Adaptation des formations et qualité de vie au travail

Le troisième axe du plan concerne l'adaptation des formations, pour faire face aux besoins en cours et à venir. Sur ce point, le bilan d'étape peut revendiquer la refonte de la formation des aides soignants et des accompagnants éducatifs et sociaux, le développement des contrats d'apprentissage, ou encore l'ouverture de plus de 12.600 places supplémentaires dans les formations sanitaires et sociales d'ici à 2022, grâce au plan France relance.
Enfin, le dernier axe porte sur la sécurité et la qualité de vie au travail. Sur ces points, le bilan d'étape fait état du déploiement d'un programme national de lutte contre la sinistralité et d'amélioration de la qualité de vie au travail (QVT), spécifique à ces métiers, ainsi que de la diffusion d'un guide pratique, élaboré par la DGCS (direction générale de la cohésion sociale) et l'Anact (Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail) pour sensibiliser les établissements et services sociaux et médicosociaux à la démarche QVT.
Ce bilan partiel n'épuise pas la mise en œuvre du plan. Il reste en effet à achever la refondation de l'accompagnement des personnes dépendantes ou handicapées, avec en particulier les mesures prévues dans le PLFSS 2022, la création de 10.000 postes supplémentaires de soignants en Ehpad sur cinq ans et la création d'un tarif plancher pour les services à domicile. Il est également prévu d'adapter les processus de validation des acquis de l'expérience (VAE) pour "massifier" cette procédure, de mettre en place un pilotage national de la lutte contre la sinistralité et de l'amélioration des conditions de travail, ou encore de rendre plus accessibles les formations infra-bac (aides-soignants et accompagnants éducatif et social) grâce à une solution numérique dédiée. 

Les collectivités engagées dans la mise en place des plateformes

Dans le cadre du plan en faveur de l'attractivité des métiers de l'autonomie, la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie) annonce, dans un communiqué du 21 octobre, une enveloppe de 13 millions d'euros pour soutenir la mise en place de 20 plateformes des métiers de l'autonomie. Ce financement fait suite à un appel à projets et prendra effet pour les trois prochaines années. Ces plateformes "permettent de coordonner et d'intégrer une palette de services portés par des acteurs complémentaires dans le champ de l'emploi et des politiques d'autonomie en direction des demandeurs d'emploi, des salariés des Saad et des établissements et services médicosociaux et des employeurs à l'échelle départementale. En pratique, elles doivent notamment valoriser et sensibiliser aux métiers du secteur, proposer des parcours d'orientation et de formation pour permettre l'accès à l'emploi et mettre en place des actions favorisant le recrutement (bourse d'emplois, cv-thèque partagée, appui au recrutement...). 
Sur les vingt plateformes sélectionnées, dix sont portées directement par des collectivités territoriales : une métropole (Toulouse Métropole) et neuf départements (Aveyron, Calvados, Loire-Atlantique, Loiret, Lot, Pas-de-Calais, Seine-et-Marne et Essonne – pour un projet commun –, Yonne et Val-de-Marne). Les autres projets sont portés par des associations ou des maisons de l'emploi.

 

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