Mobilités professionnelles : le coût de la vie et le climat rebattent les cartes de l’attractivité territoriale
Le baromètre 2026 de Nextories confirme l’attractivité du Sud et du Sud-Est de la France, tout en révélant un ralentissement des mobilités depuis les grandes métropoles. Hausse du coût de la vie et risques climatiques pèsent désormais davantage dans les choix de déménagement.
© Arnaud Caillou, l'oeil témoin
L’"exode urbain" post-Covid continue de s’essouffler. Après le boom des départs des Français vers la campagne et les villes du littoral, la hausse du coût de la vie s’impose désormais comme un facteur structurant dans le choix d’un déménagement. C’est ce que révèle le baromètre* des mutations professionnelles 2026 de Nextories, plateforme française de mise en relation avec des déménageurs professionnels. Le Sud et le Sud-Est restent toutefois très attractifs et concentrent les cinq premières places du classement des départements d’arrivée. Paris et les Hauts-de-France sortent ainsi du Top 5, désormais constitué des Bouches-du-Rhône, du Rhône, de la Haute-Garonne, de la Gironde et des Alpes-Maritimes.
Derrière ce classement national, c’est un nouvel équilibre dans les mobilités professionnelles qui se dessine, indique à Localtis, Matthieu Dumont, directeur du marketing de Nextories. "En 2026, les classements des arrivées et des départs font apparaître des situations très différentes selon les territoires. Le Sud concentre les principales destinations de mobilité professionnelle, mais plusieurs de ses départements figurent également parmi les principaux territoires de départ. À l'inverse, Paris et les Hauts-de-Seine restent les deux premiers départements de départ en France, mais représentent une part moins importante des départs qu’en 2025", explique-t-il.
Le recul de Paris et des Hauts-de-Seine parmi les départements d’arrivée
Paris concentre 5,76% des départs pour seulement 2,65% des arrivées. "L'écart reste important, mais la part de la capitale dans l'ensemble des départs diminue par rapport à 2025, où elle atteignait 7,41%", souligne Matthieu Dumont. Sa part dans les arrivées recule également, passant de 3,69% à 2,65%. Dans les Hauts-de-Seine, les départs représentent 4,26% des flux, contre 2,56% pour les arrivées.
D’après l’enquête Ipsos pour Nextories publiée en mai dernier, la mobilité des Français apparaît fortement contrainte par la conjoncture économique. Selon cette enquête, 44% des Français ayant un projet de déménagement déclaraient avoir dû le reporter ou y renoncer au cours des 12 derniers mois en raison du contexte économique. La hausse du coût de la vie est citée par 58% des Français, contre 51% un an plus tôt, soit une progression de 7 points. Elle devance désormais les contraintes liées au marché de l’immobilier. "On assiste à un arbitrage plus raisonné et à un recul du déménagement choisi", résume Matthieu Dumont.
Autre évolution, le climat pèse désormais dans le choix du futur lieu de vie. Selon l’enquête Ipsos/Nextories, 68% des répondants accordent une grande importance au risque d’inondation, 57% au risque d’incendie, 53% à la pollution de l’eau, 53% à la pollution de l’air, 44% au risque de canicule et 41% à l’érosion. La perception de ces risques environnementaux varie toutefois selon les territoires. Dans le Nord, les répondants accordent davantage d’importance aux inondations (76%). Dans le Sud et le Sud-Est, ils se montrent plus sensibles aux incendies et à la canicule, avec respectivement 62% de notes maximales pour les incendies sur le pourtour méditerranéen et 56% pour la canicule dans le Sud-Est.
*Le baromètre a été établi en septembre 2026 à partir des données internes de l’entreprise issues des 4.727 déménagements accompagnés concernant une mutation géographique professionnelle. Nextories revendique un réseau de 260 déménageurs professionnels partenaires et plus de 15.000 déménagements par an.