Municipales 2026 : la carte d'identité numérique ne permet pas encore de voter avec son smartphone
Lors du premier tour des élections municipales, une certaine confusion a pu régner autour de la carte d'identité numérique. Malgré son déploiement depuis 2023 par France Identité, elle n'a pas pu et ne pourra être utilisée pour voter ce dimanche 22 mars 2026 en présentant son téléphone dans un bureau de vote. Le cadre juridique et les conditions techniques ne le permettent pas à ce stade.
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Avec 3,6 millions d'usagers en 2026, l'application France Identité qui permet d'accéder à une version numérique de sa carte d'identité (ainsi que de son permis de conduire et de sa carte grise) a déjà conquis quelques Français. Mais ces pionniers de l'identité numérique n'ont pas pu prouver leur identité par ce moyen lors du 1er tour – et ne pourront pas le faire non plus lors du second tour des élections municipales 2026 dimanche 22 mars. Les bureaux de vote refusent France Identité et obligent à présenter une carte d'identité physique, dans les communes de plus de 1.000 habitants.
Article R60 du code électoral
En effet, en 2026, présenter son smartphone dans un bureau de vote n'est pas considéré comme un moyen de prouver son identité. C'est le code électoral en son article R 60 qui le dit : pour voter, dans une commune de plus de 1.000 habitants, l'électeur doit présenter un document d'identité physique autorisé. La liste des pièces acceptées, détaillée sur le site service.public – carte nationale d'identité, passeport, permis de conduire, entre autres – ne comprend pas les versions dématérialisées. La carte d'identité numérique n'a pas encore de valeur juridique équivalente dans le contexte de ces élections municipales 2026.
Cette situation tient à la nature même du processus électoral, qui repose sur des garanties fortes en matière de sécurité, d'unicité du vote et de contrôle par les membres du bureau. L'introduction d'un justificatif numérique supposerait une évolution législative ainsi qu'une adaptation des procédures sur le terrain : à savoir pouvoir scanner des cartes d'identité dématérialisées sous forme de QR code sur les smartphones.
Des usages restreints
Déployée progressivement depuis 2023, l'identité numérique française repose sur une application sécurisée, associée à la carte d'identité au format carte bancaire (CNIe), et intègre des mécanismes d'authentification renforcée.
Elle permet déjà d'effectuer certaines démarches administratives en ligne ou de justifier son identité lors de certains contrôles de police, de gendarmerie ou auprès d'agents de la SNCF, équipés d'un smartphone spécifique (NEO). Mais ce n'est pas encore le cas à La Poste et cela entraine quelques frictions...
Pour la présidentielle de 2027 ?
Si les pouvoirs publics affichent une volonté de développer les usages de l'identité numérique, désormais c'est pour la présidentielle de 2027 que la question se pose. Plusieurs obstacles doivent être levés : sécurisation juridique, équipements des communes, formation des assesseurs et acceptabilité par les électeurs. En attendant, dimanche 22 mars, seul un titre d'identité physique sera accepté pour accéder à l'isoloir.